Facebook
Twitter
Me suivre par courriel
Google+
http://arcturius.org/contre-lanxiete-7-methodes-qui-marchent-vraiment/
RSS

Trouble anxieux, attaque de panique, phobie, stress, stress post-traumatique… Le spectre des symptômes de l’anxiété est tellement large que les remèdes proposés sont aussi nombreux qu’éclectiques. Toutes ces disciplines ont fait leurs preuves. Nos explications pour vous aider à choisir celle qui vous correspond le mieux.

Traitements médicamenteux, médecine non conventionnelle, thérapie comportementale et cognitive, analyse, thérapies énergétiques, intégratives ou méthodes psychocorporelles… La liste n’est pas exhaustive, chaque branche des thérapies propose son approche spécifique, sa gamme de soins, ses traitements. Comment se repérer dans cette profusion de techniques ? Nous avons choisi des méthodes faciles d’accès et privilégié celles qui ont fait l’objet d’études, d’évaluations et dont l’exercice exige une formation sérieuse.

1. La gestalt-thérapie

La gestalt se situe dans la mouvance des courants humanistes existentiels. Le psychiatre Gianni Francesetti nous présente cette thérapie, qui questionne notre façon d’être au monde… pour mieux l’améliorer.

La méthode : élaborée par le psychiatre et psychanalyste Fritz Perls dans les années 1950, la gestalt, du verbe allemand gestalten, « mettre en forme », s’intéresse à nos interactions : comment entrons-nous en « contact » avec nous-mêmes, les autres, le monde ? Quelle « forme » prend ce contact ? Il s’agit de remettre de la souplesse et de la mobilité quand tout semble bloqué.

Pour qui : la gestalt-thérapie s’adresse aux personnes soufrant de mal-être, de troubles psychosomatiques ou psychiques, de dépression, d’anxiété, de troubles du comportement, d’addictions. Cette approche est aussi indiquée pour résoudre des difficultés relationnelles (couple, famille, travail) ou existentielles (périodes de deuil, chômage, séparation, désir d’enfant…).

Comment ça marche : elle se pratique en psychothérapie individuelle, mais aussi en couple, en famille, en groupe et en entreprise. En face à face, la séance, généralement hebdomadaire, dure de quarante-cinq minutes à une heure. Comptez entre cinquante et quatre vingt-dix euros par séance. Parce que cette approche s’adapte à la situation spécifique du patient, la thérapie peut durer de quelques consultations à plusieurs années. Des stages peuvent être proposés sur une ou deux journées, ou encore des séances de groupe mensuelles.

Pourquoi ça marche : il s’agit d’améliorer ses capacités à prendre soin de soi pour répondre à ses propres besoins, tout en tenant compte de l’extérieur. La question n’est pas « pourquoi on fait ceci ou cela ? », mais « comment peut-on faire différemment ? ». « L’anxiété, d’un point de vue gestaltiste, est autant une expression de l’histoire personnelle que d’une difficulté à vivre au sein de notre environnement, caractérisé par l’incertitude, la complexité et la solitude, explique Gianni Francesetti. Pour le thérapeute, le patient est moins un malade qu’un être humain en quête de sens, qui exprime le malaise de son temps. Le facteur thérapeutique essentiel est la qualité du contact entre le thérapeute et son patient : le premier soutient le développement du second, qui gagne en sécurité et se retrouve enfin en capacité de faire des choix. » Il dispose pour cela de différentes techniques : dramatiser ses rêves ou certaines situations ; parler à une chaise vide (sur laquelle se trouverait un « autre ») ; mimer, dans un dialogue à deux chaises, les deux côtés d’un conflit ; dessiner ses sentiments ; faire des jeux de rôle en incarnant des personnages ou des éléments (par exemple, dans le cas d’une peur de l’eau : le navigateur, le bateau, la mer, la tempête…).

“On m’a réconcilié avec les êtres humains”

Xavier, 48 ans, cadreur

« Après une rupture qui avait réveillé de vieux sentiments d’abandon, je voulais faire une thérapie brève. J’attendais un coup de baguette magique ! J’ai trouvé auprès de la gestaltiste que je suis allé voir bien autre chose : du réconfort, de l’empathie, de l’attention, de l’écoute. Elle m’a réconcilié avec les êtres humains. Le travail sur le corps m’a également fait beaucoup de bien, car j’étais très cartésien, toujours à solliciter ma raison plutôt que mon cœur ou mes émotions dont je me méfiais. La thérapie a duré plus d’un an. Aujourd’hui, j’ai l’impression de réagir de façon moins automatique, d’avoir mis mes angoisses à distance. »

2. La sophrologie

La sophrologie caycédienne permet de développer une conscience sereine grâce à des techniques de relaxation, et d’activation du corps et de l’esprit. L’éclairage de la psychiatre Natalia Caycedo.

La méthode : la sophrologie caycédienne n’est pas une branche de la sophrologie, mais bien la discipline dans sa forme authentique, telle que créée et développée par son fondateur dans les années 1960, le psychiatre Alfonso Caycedo. Inspiré des traditions orientales, comme la méditation, le yoga ou le zen, cet entraînement du corps et de l’esprit, qui s’appuie aussi sur la relaxation et la respiration, permet de retrouver l’équilibre.

Pour qui : dans un cadre thérapeutique, les indications sont les cas d’anxiété (panique, phobie, anxiété généralisée), de dépression, les affections d’origine psychosomatiques, la prévention et le contrôle du stress, mais aussi les troubles du sommeil. Cette discipline est également utilisée dans le cadre d’un entraînement sportif (pour gagner en confiance) ou dans un cadre pédagogique (pour faciliter les apprentissages).

Comment ça marche : elle se pratique auprès d’une personne formée dans les douze degrés de la méthode Caycedo par une école reconnue. Le sophrologue caycédien choisira les exercices en fonction de la problématique du patient, après avoir défini un objectif. La pratique peut durer de trois à quatre mois, à raison d’une séance par semaine (généralement d’une heure), puis tous les quinze jours, puis tous les mois, etc. Comptez environ soixante euros par séance. Vous pouvez également vous initier en groupe ou lors de stages de quelques jours. Mais ensuite vient la pratique autonome : l’idée est d’inviter la sophrologie dans son quotidien.

Pourquoi ça marche : cette méthode invite à prendre conscience de nos quatre composantes, le corps, l’esprit, les émotions et les valeurs. Natalia Caycedo explique : « Le sujet apprend d’abord à considérer son schéma corporel (sa forme, son mouvement, son tonus musculaire) grâce à des exercices de concentration et de respiration ; peu à peu, il devient capable d’éliminer ses tensions physiques. Puis il prend conscience du fonctionnement de son esprit grâce à des exercices de contemplation et de “futurisation” : s’il est phobique par exemple, il va se projeter dans un moment heureux du futur, puis visualiser l’objet de ses peurs. Il s’agit ensuite pour lui de repérer ses émotions sans chercher à contrôler celles qui sont douloureuses, mais, grâce à des exercices de réactivation (ou “prétérisation”), en laissant émerger les ressentis positifs pour qu’ils soient plus présents au quotidien. Enfin, la personne s’attache à reconnaître ses valeurs personnelles pour vivre en cohérence avec elle-même et retrouver stabilité et sérénité. » Au fil des séances, elle se « réapproprie » son corps et son esprit, et reprend les rênes de sa vie en s’éloignant des automatismes et des conditionnements.

“Je dors beaucoup mieux”

Catherine, 55 ans, kinésithérapeute

« Je soufrais d’insomnies et mon rythme de travail me stressait. Je ressentais de l’anxiété, d’où ma difficulté à bien dormir. J’ai suivi un programme de huit séances, un entraînement psychologique et physique aux techniques de la sophrologie caycédienne. Depuis, je dors beaucoup mieux et je contrôle mieux mon rythme de travail. Maintenant, je gère ! La sophrologie m’a appris à développer la patience, ce qui m’aide à contrôler mon stress. Je suis dans de meilleures dispositions pour donner des recommandations à mes patients. »

3. L’EMDR

L’ EMDR traite les troubles anxieux résultant d’un traumatisme. Le principe repose sur une stimulation sensorielle qui diminue l’intensité de ce vécu. Emmanuel Contamin, psychiatre et pédopsychiatre, nous en explique les fondements.

La méthode : mis au point par la psychologue américaine Francine Shapiro en 1987, l’EMDR (abréviation de eye movement desensitization and reprocessing, méthode thérapeutique de désensibilisation et de reprogrammation par des mouvements oculaires) permet au patient de « redigérer » les traces des souvenirs traumatiques à l’origine de ses réactions anxieuses actuelles. Le thérapeute l’aide à identifier le souvenir-source, puis à se maintenir dans sa « fenêtre de tolérance » émotionnelle pendant le retraitement.

Pour qui : la première indication de l’EMDR est le syndrome de stress post-traumatique. Cependant, cette technique s’avère tout aussi efficace sur les troubles anxieux secondaires. Ils peuvent résulter soit d’un événement traumatique majeur, soit d’une succession de « petits » traumas (enfance difficile, harcèlement moral…) se manifestant par des attaques de panique, des phobies, une anxiété de séparation, une anxiété généralisée, certains TOC, etc.

Comment ça marche : les séances se déroulent en face à face et durent généralement une heure. Les praticiens sont des psychiatres, psychologues ou psychothérapeutes accrédités. Les honoraires sont variables (de soixante à cent vingt euros la séance) et parfois pris en charge selon les circonstances (en cas de tiers responsable ou d’attentats, par exemple). La durée du traitement est elle aussi variable : si le patient soufre de troubles anxieux suite à un trauma unique survenu à l’âge adulte (accident, agression), trois séances suffisent souvent ; si l’angoisse vient de traumas complexes subis dans l’enfance (carences ou violences intrafamiliales), la thérapie sera forcément plus longue.

Pourquoi ça marche : après une phase de préparation, le patient porte son attention sur tous les aspects du souvenir traumatique (images ou perceptions, pensées négatives associées, émotions, sensations corporelles). Puis, guidé par le thérapeute, il se lance dans des séquences de mouvements oculaires : les vécus liés au trauma sont réactivés, mais parallèlement leur charge émotionnelle diminue. De nouvelles « associations » émergent, contribuant à restaurer une image positive de soi et du monde. Emmanuel Contamin précise : « L’idée est de remobiliser les souvenirs traumatiques (associés à l’amygdale cérébrale), et de les réorganiser par l’hippocampe pour qu’ils deviennent des souvenirs ordinaires. Par ces mouvements oculaires, le patient mobilise les mêmes mécanismes cérébraux que lors du sommeil paradoxal. » Certaines études ont mis en évidence, avant, pendant et après une séance, le déplacement de l’activation cérébrale depuis le système limbique vers les zones corticales qui régulent les émotions, puis le cortex associatif qui stocke la mémoire.

“Je me sens en sécurité”

Anne-Marie, 62 ans, retraitée

« J’ai eu une enfance difficile. Plusieurs thérapies, analytique et globale, m’ont permis de mieux comprendre cette période. Mais l’EMDR, c’est un travail de nettoyage ! Cela permet de se libérer des empreintes corporelles et émotionnelles. On ressent un apaisement, comme si le cerveau, enfin, parvenait à digérer les informations du passé. On ne réécrit pas l’histoire, mais on élimine la charge corporelle et émotionnelle qui restait tapie au fond de soi. Cette technique m’a apporté une paix intérieure, un sentiment de sécurité : le scénario de base a été réparé. »

4. Les TCC

Les thérapies comportementales et cognitives permettent au patient de mieux comprendre son trouble pour s’y adapter. Le psychothérapeute Stéphane Rusinek nous présente cette approche.

La méthode : élaborées dans les années 1960 par deux psychiatres américains, Albert Ellis et Aaron Beck, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) permettent au patient d’apprendre de nouveaux comportements grâce à l’élaboration de nouvelles pensées. En TCC, on considère qu’un comportement, une peur, une obsession ou une incapacité sont dus aux conditionnements et aux cognitions erronées que le patient a de lui et du monde.

Pour qui : les phobies et les TOC sont le champ le plus connu des TCC. Ces méthodes sont aussi indiquées dans les troubles anxieux et de l’humeur, les crises d’angoisse et de panique, la gestion du stress, la dépression, une affirmation de soi déficiente, une estime de soi fragile ou encore des difficultés relationnelles.

Comment ça marche : la thérapie se déroule en face à face avec un psychiatre ou un psychologue formés aux TCC, à raison d’une séance (quarante-cinq minutes environ) par semaine ou tous les quinze jours. Comptez de cinquante à quatre-vingts euros en moyenne. Le psy et son patient s’engagent mutuellement à traiter la problématique, préalablement repérée. La thérapie peut être brève (quatre ou cinq séances), dans le cas d’une phobie simple. Mais le travail sera plus long (six mois ou davantage) si le fond anxieux est complexe.

Pourquoi ça marche : en TCC, le patient devient l’expert de son trouble. Le thérapeute l’aide à comprendre sa difficulté (d’où elle vient, comment elle s’exprime) et à vivre avec. On croit souvent que cette approche ne s’intéresse qu’au symptôme, mais c’est oublier que la thérapie suppose aussi d’identifier la façon dont il s’est construit. Ensuite, le psy dispose de plusieurs outils : l’exposition progressive aux pensées dysfonctionnelles, aux émotions douloureuses ou aux objets redoutés ; la psychoéducation (il explique, par exemple, comment fonctionne le mécanisme phobique, mais aussi comment vole un avion) ; la restructuration cognitive (comment repérer puis changer les pensées toxiques) ; des exercices d’affirmation de soi ; l’observation et l’évaluation de son degré d’anxiété ; des techniques de relaxation, de respiration, de méditation, d’acceptation… Des tâches spécifiques et progressives sont donc élaborées en fonction de l’objectif à atteindre. Le patient s’investit peu à peu dans un vrai processus de changement, en travaillant simultanément sur ses cognitions, ses comportements et ses émotions – on parle d’ailleurs aujourd’hui davantage de TECC pour que la dimension émotionnelle reprenne ses lettres de noblesse. Le but des TCC n’est pas de faire disparaître l’anxiété, mais de l’accepter, de ne plus fuir ni lutter contre l’incertitude et les menaces potentielles.

“Le docteur m’a demandé de faire des listes”   

Justine, 11 ans, collégienne

« En 2014, je ne pouvais plus manger. Que des yaourts et des soupes. J’avais vu une petite fille s’étrangler à table et, du coup, j’avais peur que ça m’arrive. Alors, maman m’a emmenée voir un docteur très gentil. C’était un peu comme un copain, on parlait beaucoup. Il m’a demandé de faire des listes, une verte pour les aliments qui passaient bien, une rouge pour ceux que je n’aimais pas du tout et une bleue pour ceux que j’aimais, mais que je ne pouvais plus manger. Alors j’essayais à la maison et je lui racontais ensuite. Je mettais un smiley content dès que j’y arrivais et au bout de quelques mois, c’était terminé. »

5. La phytothérapie

De plus en plus de thérapeutes considèrent les plantes, et donc la phytothérapie, comme une alternative efficace. Jean-Marc Beck, médecin nutritionniste et phytothérapeute, les prescrit en première intention pour se sevrer des médicaments.

La méthode : la phytothérapie est une médecine fondée sur l’utilisation des extraits actifs de plantes. La plupart du temps, les traitements proposés sont à base d’EPS (extrait de plantes standardisées) fluide ou en gélules.

Pour qui : toutes les personnes touchées par l’anxiété (légère ou sévère, avec ou sans crises de panique) avec diverses somatisations (troubles de la digestion ou du sommeil…) ainsi que ceux qui ne souhaitent pas (ou plus) suivre de traitement médicamenteux.

Comment ça marche : « La première consultation dure plus d’une heure, précise Jean-Marc Beck. Je procède au diagnostic en m’appuyant sur un questionnaire permettant d’évaluer le degré d’anxiété et de dépister une dépression sous-jacente1. Je cherche aussi les facteurs qui facilitent l’apparition de l’anxiété : un terrain inflammatoire, des problèmes digestifs, des douleurs articulaires. J’ai pu constater que cette première consultation avait valeur thérapeutique, notamment grâce à l’écoute et au dialogue. » Pour ce qui est de la pharmacopée, le Dr Beck utilise la rhodiole (« la » plante de l’anxiété) qui empêche le cortisol d’augmenter. Elle est donnée en association avec l’aubépine et la passiflore en cas de somatisation cardiaque, ou bien avec la mélisse et la passiflore en cas de somatisation digestive. Si l’anxiété se manifeste par un lumbago ou des crampes, la rhodiole est associée à la valériane, un relaxant musculaire. En cas d’insomnies, ce sera l’eschscholtzia et la valériane… Les plantes se prennent sous forme d’EPS. Le prix varie en fonction des doses utilisées et du mode d’extraction de la plante. « La fréquence des consultations dépend de l’état d’anxiété. Personnellement, je compte entre un et quatre mois, afin de laisser le temps au traitement de modifier le terrain », indique le Dr Beck.

Pourquoi ça marche : en cas d’anxiété, le système GABAergique (qui gère l’importance de la réaction anxieuse) fonctionne mal, avec à la fois une augmentation anormale du cortisol (hormone du stress) et une défaillance de la noradrénaline (neuromédiateur qui nous permet d’évaluer la situation). Les plantes agissent sur ce dysfonctionnement et sur les somatisations qui lui sont associées. « Elles marchent tellement bien pour atténuer stress, crise d’angoisse et anxiété, que ceux qui les ont adoptées vivent cette diminution de pression comme de la fatigue », observe le médecin qui conseille un complément de magnésium, vitamine B6 et taurine pour booster l’énergie. Les plantes agissent plus lentement en cas d’anxiété sévère (entre vingt et un jours et un mois) et de dépression nécessitant l’association d’autres plantes (safran, millepertuis, mucuna ou grifonia).

1. Questionnaire HAD (hospital anxiety and depression scale).

“Les plantes me soulagent”

François, 43 ans, artisan dans l’automobile

« Je suis d’un naturel anxieux. J’anticipe tout ce qui est susceptible d’arriver, ce qui génère des palpitations et des suées pouvant me paralyser. Il y a dix ans, j’ai décidé de consulter un médecin phytothérapeute qui m’a dit que je serai soulagé de mon anxiété sur le long terme. C’est le cas, aujourd’hui, je vais bien mieux. Mon anxiété n’a pas totalement disparu, mais les plantes m’aident à mieux la gérer. Quand je me sens un peu angoissé, je prends de la rhodiole parfois avec du ginseng pour le tonus, et du griffonia et de la valériane pour le mental. »

6. Le thermalisme

Utilisés depuis le Ve siècle avant J.-C., les soins à l’eau thermaleprouvent aujourd’hui leur efficacité dans les troubles anxieux. Le psychiatre Olivier Dubois a coordonné plusieurs études sur ce sujet.

La méthode : le thermalisme tire profit d’une eau de source minéralisée. En France, cinq stations traitent les « affections psychosomatiques » : Saujon, Néris-les-Bains, Ussat-les-Bains, Bagnères-de-Bigorre et Divonne-les-Bains. Froides (de 14 °C à 17,9 °C) ou chaudes (de 50 °C à 59 °C), leurs eaux sont riches en magnésium et parfois en lithium, nutriments anti-anxiété.

Pour qui : les personnes atteintes de TAG ou trouble anxieux généralisé, de burn-out, de troubles du sommeil ou de douleurs chroniques (fibromyalgie). Mais aussi les « accros » aux anxiolytiques ou aux somnifères. Elle est proscrite en cas de trouble psychique sévère ou en phase aiguë, et en cas de manque d’autonomie ou de maladie très contagieuse.

Comment ça marche : la cure de vingt et un jours comprend une consultation hebdomadaire avec le médecin thermal. Celui-ci choisit les soins quotidiens, prodigués en général le matin : douches, massages, bains. L’après-midi, place aux loisirs ou à un programme optionnel. À certaines dates à Saujon, les stages à thème de l’École thermale du stress (gestion du stress, du sommeil, de la prise de tranquillisants…) proposent des entretiens individuels, de la relaxation (sophrologie, qi gong, hypnose, do-in…) et des ateliers psycho-éducatifs pour comprendre les mécanismes de l’anxiété et acquérir des stratégies afin de la dépasser. « Le relâchement se traduit souvent par un coup de fatigue en milieu de séjour. Les symptômes se diluent par effet domino : l’anxiété diminue, puis le sommeil se rétablit, la fatigue se dissipe, la motivation revient », observe Olivier Dubois. Une cure par an permet de franchir des paliers. En moyenne, en compter trois à cinq pour retrouver un état normal. Il existe des forfaits de six à quinze jours à visée préventive ou d’entretien. Mais seule celle de trois semaines, prescrite par votre médecin, est remboursée à 65 % ou 100 % suivant votre statut.

Pourquoi ça marche : les minéraux pénètrent dans l’organisme et les soins détendent les muscles et le mental. Une étude de l’Association française pour la recherche thermale cherche à valider leur action dans le traitement du TAG à Saujon. Résultats espérés en 2019. En attendant, « selon deux études scientifiques reconnues, rappelle Olivier Dubois, une cure psy est plus efficace sur l’anxiété qu’un traitement médicamenteux de référence (paroxétine) et, associée à un atelier psycho-éducatif ciblé, elle permet de réduire d’au moins 50 % les benzodiazépines, voire de s’en passer pour 41 % des sujets ». Elle offre en effet un temps de décrochage, d’apprentissage et de réflexion dans un cadre sécurisant, auprès d’une équipe pluridisciplinaire. Sans oublier les échanges entre curistes, souvent réconfortants. Mais il faut y consacrer ses congés !

“Je prends trois fois moins d’antidépresseurs”

Régine, 54 ans, adjointe administrative

« Voilà trois ans que je ne vois plus de psychiatre, alors que j’étais suivie depuis ma perte d’emploi en 1995. Je prends mon anxiolytique “à la carte”, et trois fois moins d’antidépresseurs. Je relativise davantage mes soucis et mon entourage le ressent. J’en suis à la septième cure. Elles me sont indispensables pour pérenniser mes progrès. Ce ne sont pas des vacances. On a un programme et les soins peuvent débuter à 6 heures du matin ! Mais j’y retrouve des curistes avec lesquels je partage de bons moments. Parfois, chez moi, j’y pense encore : je reste un peu là-bas ! »

7. La méditation de pleine conscience

Le bien-être repose sur l’attention et l’acceptation, des capacités que chacun peut développer en s’initiant à la méditation de pleine conscience. La psychiatre et psychothérapeute Christine Baroisnous en dévoile le principe.

La méthode : élaborée à la fin des années 1970 par Jon Kabat-Zinn, le programme de MBSR (mindfulness based stress reduction) a pour objectif de gérer le stress. Vingt ans plus tard, trois chercheurs adaptent cette pratique à la thérapie cognitive et développent le programme de MBCT (mindfulness basedcognitive therapy) pour prévenir la rechute de la dépression. Tous deux ont en commun un même objectif : prendre conscience de nos habitudes intellectuelles toxiques en vue de changer nos façons de faire et d’être. Méditer, c’est diriger son attention d’une certaine manière, c’est-à-dire délibérément, au moment voulu, sans jugement ni commentaire sur l’expérience vécue.

Pour qui : cet entraînement mental fut initialement créé pour réduire le stress (MBSR) et prévenir les rechutes dépressives (MBCT). Mais les applications de la pleine conscience sont aujourd’hui plus larges : anxiété évidemment, ou encore douleurs chroniques, troubles du sommeil ou de l’alimentation, gestion de l’impulsivité ou du repli sur soi… De nombreuses études mettent en évidence une amélioration de l’état de santé, mais aussi une augmentation des capacités d’attention, de créativité, de mémoire et d’empathie.

Comment ça marche : s’initier à la pleine conscience, c’est suivre un stage pour apprendre à pratiquer et comprendre le fonctionnement mental. La forme et le support des différents programmes peuvent varier, mais en général les protocoles s’établissent sur huit semaines, à raison d’une séance par semaine, ou concentrés sur quatre jours, ou répartis en deux jours de formation à quinze jours d’intervalle, etc. Le prix de la formation est d’environ cinq cents euros. Pendant et surtout après, vous méditerez seul, chez vous, dix à quarante minutes par jour.

Pourquoi ça marche : « En portant son attention sur ce qui est vécu, là-tout de suite maintenant, en termes de pensées-émotions sensations corporelles, sans commenter ni juger ce qui [lui] arrive, le méditant fait comme un pas de côté, il devient spectateur de ce qui le traverse et le déstabilise. Il soufre en grande partie parce qu’il n’accepte pas les choses telles qu’elles sont. En focalisant son attention sur la respiration (par le nez) sans chercher à en modifier le rythme, en observant les sensations corporelles sans vouloir les contrôler, le flot des pensées sans s’y attacher, les émotions qui surgissent sans tenter de les fuir, il diminue les réactions habituelles d’évitement », détaille Christine Barois. Peu à peu, il comprend qu’il est inutile de s’attacher à ce qui est agréable et de rejeter ce qui l’est moins. « Accepter ce qui est vécu favorise le libre arbitre, car les pensées ne sont pas des faits avérés ; elles sont des productions psychiques qui enferment dans des ruminations et alimentent l’anxiété. »

“J’arrête de ruminer”

Benoît, 36 ans, hôtelier

« J’ai appris à méditer il y a quelques mois. Quand j’arrive à être vraiment dans l’instant présent, conscient de ma respiration, de mes actes, mouvements, sensations, émotions, les pensées anxieuses diminuent. Je prends du recul dans les situations stressantes, j’arrête de ruminer, j’apprivoise le mental et je reviens à moi. C’est comme faire un break salutaire ! Mais je crois que c’est vraiment un entraînement, un travail de fond, avec, à la clé, une ouverture sur soi, les autres, le monde. On ne se résigne pas, on accepte. »

Les uns affirmeront ne pas être concernés. Les autres concéderont une petite tendance au pessimisme, ou revendiqueront une saine lucidité. Reconnaissons que, pour nous tous, l’angoissé, le vrai, c’est l’autre. C’est du moins ce que nous croyons…

Source : http://www.psychologies.com/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius- Au service de la Nouvelle Terre

---------------------------
Vous pouvez reproduire ce texte et en donner copie aux conditions suivantes :
qu'il ne soit pas coupé
qu'il n'y ait aucune modification de contenu
que vous fassiez référence au site Source

Merci de visiter les sites qui nous soutiennent !


Facebook
Twitter
Me suivre par courriel
Google+
http://arcturius.org/contre-lanxiete-7-methodes-qui-marchent-vraiment/
RSS