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Des chercheurs ont plongé au cœur du cerveau pour trouver les mécanismes derrière la tendance à déshumaniser certains groupes pour justifier les actes commis à leur égard. Mieux comprendre comment le cerveau crée cette division entre « nous » et « les autres » pourrait fournir de nouvelles pistes pour bâtir des ponts entre les communautés.

Beaucoup d’actes ont été commis dans l’histoire humaine par des oppresseurs considérant leurs victimes comme « moins évoluées qu’eux ».

Cette mentalité a repris de l’ampleur au cours des dernières années, surtout en ce qui concerne la crise des migrants. Ces derniers sont traités non seulement de « criminels », mais même « d’animaux », un discours qui favorise la généralisation de la déshumanisation.

Les spécialistes du comportement se sont longtemps demandé si ce type de raisonnement prenait racine dans des émotions comme la haine. Des chercheurs de l’Université de Pennsylvanie ont toutefois montré que la déshumanisation et la haine n’étaient pas nécessairement liées et que les deux concepts sont gérés par des régions différentes du cerveau.

Selon les chercheurs de cette étude, reconnaître cette nuance pourrait mener à de nouvelles amorces pour aider à rétablir les dialogues entre différents groupes dans la population.

Le côté obscur de la psychologie humaine

Les chercheurs ont placé les participants dans un appareil d’imagerie par résonance magnétique et leur ont ensuite demandé comment ils se sentaient face à différents groupes dans la société.

Parmi les groupes présentés aux participants, on avait des Américains, des Européens, des Arabes, des Mexicains, des groupes de professions comme les chirurgiens, des situations économiques comme l’itinérance, et même des animaux comme des chats, des chiens ou des rats.

Les participants ont d’abord dû indiquer si ces groupes leur inspiraient des réactions chaleureuses ou froides. On leur a ensuite présenté le dessin classique de l’évolution humaine, commençant avec un singe en marche et se terminant avec un homme debout. Ce dessin servait d’échelle sur laquelle on demandait aux participants de positionner ces groupes, de plus humain à plus animal.

Les chercheurs ont remarqué que lorsqu’on demandait au participant s’il considérait un groupe comme évolué ou non, les régions du cerveau qui s’activaient étaient les mêmes que celles impliquées dans le langage ou la reconnaissance faciale.

D’un autre côté, si on leur demandait d’exprimer leur appréciation envers ces groupes, ce sont plutôt des régions impliquées dans l’émotion et la mémoire qui s’activaient.

Selon les chercheurs, ces observations montrent que la déshumanisation ne découle pas nécessairement d’une émotion comme la haine et que les processus psychologiques qui la régissent sont différents de ceux qui gèrent les émotions.

Cela ne justifie en rien les actes que peut entraîner cette déshumanisation, mais cela peut expliquer certaines des réactions qu’elle suscite.

Empathie et égalité

Selon un des auteurs de l’étude, si on relie ces travaux aux événements ayant mené à la séparation d’enfants de leurs parents à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, une déshumanisation élevée, sans haine, peut mener à un raisonnement paternaliste grâce auquel les gens croient sincèrement que séparer ces familles est une bonne chose. Elle peut aussi entraîner un manque d’empathie qui peut expliquer la banalisation de la torture, le refus d’aider les gens en zones sinistrées et les durcissements face à la crise des migrants, toutes des choses que l’on tolérerait beaucoup moins si elles touchaient ceux que l’on considère comme nos semblables.

Ces résultats suggèrent que faire des ponts pour que les différentes communautés s’apprécient davantage serait plutôt une deuxième étape. La première serait de faire le nécessaire pour que tous se reconnaissent comme des égaux, afin que l’empathie ne soit pas mise à l’écart.

Un texte de Renaud Manuguerra-Gagné

Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre

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