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C’est un premier pas que vient de franchir cette mission d’information du Sénat : étudier la possibilité de  rendre ses lettres de noblesse au métier d’herboriste.

En 1941, le diplôme d’herboriste a été supprimé. L’Association générale des pharmaciens de France obtenait ainsi le monopole de la vente des plantes médicinales. Depuis, les vendeurs de plantes n’ont plus le droit de présenter leurs tisanes comme des remèdes pouvant soigner, au risque d’être poursuivis pour exercice illégal de la pharmacie. Une mission de sénateurs souhaite aujourd’hui plancher sur le renouveau de l’herboristerie.

L’herboristerie consiste en la cueillette, la préparation et la vente de plantes médicinales séchées et de produits dérivés (tisanes, décoctions, teintures-mères, etc). Depuis la nuit des temps, l’être humain utilise les plantes pour se soigner ; des traces de tels usages remontent à la préhistoire.

En Mésopotamie, un premier code régulait l’usage des plantes et, aux environs de 1334, un traité arabe répertoriait les différentes plantes médicinales connues à l’époque. Mais ce n’est qu’au Moyen-Âge que le métier d’herboriste fait son apparition, pour mieux disparaître en 1941, lorsque le diplôme est supprimé sous la pression des pharmaciens. Pour un catalogue de 1 500 plantes médicinales, les vendeurs de plantes d’aujourd’hui ne sont plus autorisés qu’à la vente de 148 végétaux.

Martine Blaize-de Peretti, dernière de la dynastie des herboristes Blaize à Marseille, rappelle au journal La Provence l’importance de s’adresser à un professionnel compétent pour tout ce qui concerne les plantes. Toutefois, elle déplore la disparition de la transmission des savoirs concernant leur ramassage, leur conservation et leur transformation.

C’est justement ce sur quoi une mission d’information du Sénat souhaite travailler. Composée de 27 membres de différentes orientations politiques, elle est présidée par Corinne Imbert, Sénatrice LR de Charente-Maritime. Présent le 18 avril dernier au Congrès des herboristes de Bayonne, le sénateur Joël Labbé en a présenté les grands objectifs :

« Nous allons remettre à plat tous les enjeux de l’herboristerie de façon à avancer pas à pas vers un consensus et redonner un cadre légal à l’exercice de cette profession.

Jusqu’à fin juillet, l’objectif est de bien cerner les différents aspects de cette problématique, en regardant aussi la situation spécifique outre-mer, par exemple à La Réunion ou en Guyane, qui connaissent une tradition spécifique de la médecine par les plantes. Il me semble aussi important d’auditionner les professionnels des pays qui ont trouvé une solution. Je pense au Canada, mais aussi à la Belgique, à l’Allemagne où l’herboristerie bénéficie d’un vrai statut. »

Dans les prochaines semaines, la mission d’information procèdera à une série d’auditions de producteurs de plantes médicinales, d’herboristes de comptoir et de pharmaciens. Elle devrait rendre son rapport fin septembre, ce qui n’est pas du goût de tout le monde : l’Ordre des Pharmaciens s’oppose fermement à la renaissance de la profession d’herboriste. À noter que plusieurs membres de cette mission sont également pharmaciens.

Face à la demande grandissante en information des consommateurs, espérons que ce rapport permettra de faire avancer la cause des herboristes.

source: https://positivr.fr/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre

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