Personne n’est capable de dater les premières mises à contribution des enfants dans les sociétés. Ce qui est certain, c’est que les sources historiques nous apprennent que les enfants travaillaient déjà dans l’Antiquité. Sortis très tôt de l’enfance (mais rien n’indique qu’il y ait un âge précis pour commencer à travailler), ils sont employés dans les champs ou dans les maisons comme domestiques ou autres.

travail des enfantsOn retrouve les filles le plus souvent à des postes de servantes. Peu ou pas rémunérés, ces enfants n’avaient pas d’autres choix que de travailler car souvent ils étaient mis à disposition de familles aisées ou de propriétaires terriens par leurs parents contre quelques pièces qui serviraient à nourrir le reste de la famille. En réalité, les enfants étaient très souvent vendus. Ils appartenaient alors à ceux qui les avaient achetés et ceux‐ci en faisaient ce que bon leur semblaient. A ce moment, il n’est peut‐être pas utile de préciser que les enfants qui travaillaient n’étaient issus que de familles pauvres et par exemple, chez les Romains ou les Grecs, les petites filles aisées n’apprennent à effectuer des travaux ménagers que pour devenir de bonnes épouses et savoir entretenir une maison.

Ce qui est paradoxal puisqu’une fois mariées, leur intérieur serait le plus souvent entretenu par une foultitude de domestiques, parfois plus jeunes qu’elles ! Historiquement, en temps de guerre, les petits garçons étaient souvent enrôlés comme soldats. Jusqu’au  Xème siècle avant Jésus Christ, des tribus comme les Turcs considéraient que tout homme capable de monter à cheval était apte au combat, quel que soit son âge. Dans beaucoup d’autres sociétés, on distinguait l’âge d’apprentissage du métier de soldat et l’âge où l’on pouvait aller faire ses preuves au combat, ce qui  n’empêchait pas que, dans les faits, les jeunes garçons soient soldats en temps de guerre.

Au Moyen Age, les choses ne sont pas si différentes : le travail des enfants est toujours une affaire de paysan et il n’y a pas d’âge précis pour commencer à travailler. Peut‐être les tâches varient‐elles un peu plus selon qu’on soit à la ville ou à la campagne. A la campagne, les enfants sont plus utilisés dans les travaux des champs ou à la ferme. Ils s’occupent des animaux, de la cueillette et de tout ce qu’ils peuvent accomplir en dépit de leur jeune âge comme la chasse aux petits animaux, l’entretien du jardin, etc. A la ville, les enfants ont d’autres occupations : ils aident à porter les courses et les marchandises, vendent au marché ce que produisent leurs parents (ce qui implique qu’ils sachent compter et parfois lire) .

L’artisanat s’étant développé, les enfants sont employés à des tâches ouvrières et là encore, les petites filles sont attachées à des travaux de « petites mains » comme la broderie ou la vannerie mais on y retrouve aussi beaucoup de garçons qui portent les matières premières aux ouvrières et qui les livrent. Pour autant, les jeunes filles restent attachées en majorité à des corvées domestiques. Les petits garçons apprennent eux aussi un métier très tôt et ils sont très utilisés dans culture et l’agriculture mais aussi sur les chantiers et à des postes bien spécifiques dans les maisons nobles. La plupart du temps, les enfants qui ne sont pas vendus par leurs parents font leur début auprès de leur mère pour les petites filles et de leur père pour les garçons.

enfant travail

En France, la première trace de l’emploi d’enfants dans des mines remonte à 1572 dans les Vosges. Au XVIIème siècle, beaucoup d’enfants occupent des postes de ramoneurs, de tanneurs, de mineurs, etc… autant de métiers très pénibles et dangereux pour la santé.   A partir de 14 ans, les enfants peuvent aussi faire partie d’une communauté de métier comme apprenti. Mais les parents devant payer les frais d’entretien, peu de familles peuvent se permettre d’y placer leurs enfants d’autant que l’apprenti n’est pas rémunéré. De plus, il faut signaler que les enfants de maîtres sont en général placé chez d’autres maîtres qui exercent une autres professions et cela pour éviter la concurrence !

Bien que courant depuis des siècles et en dehors de quelques lois, l’apprentissage ne sera pas véritablement règlementé et seul des auteurs et des précepteurs donneront leur avis sur la question de l’âge propice à devenir apprenti. Signalons que dès le Moyen Age, les maîtres se méfiaient aussi de la qualité du travail des trop jeunes apprentis, ce qui explique pourquoi il préférait commencer à les instruire à un âge avancé (14 ans étant considéré comme l’âge de maturité). Colbert, Ministre de Louis XIV, règlementera l’apprentissage en 1667 mais l’âge minimum de l’apprenti n’excèdera pas les treize ou quatorze ans.

A travers ce rapide passage en revue du travail des enfants de l’Antiquité au XVIIIème siècle, on s’aperçoit que, comme les adultes, les enfants ont dû trouver une occupation de leur quotidien pour participer à la vie de la communauté et ainsi avoir une place, si petite soit‐elle, dans la société. Pourtant, même s’ils ont eu des emplois divers et variés, les enfants vont devenir une véritable main d’œuvre à part entière avec la révolution industrielle.

Le XIX siècle est le siècle de la Révolution industrielle mais en Angleterre, elle commence dès la fin du XVIIIème siècle avec l’invention de machine permettant l’industrialisation de secteur porteur, à commencer par le textile. Or, qui dit industrialisation dit production de masse et qui dit production de masse dit plus grande accessibilité des produits au plus grand nombre. La révolution industrielle est donc perçue comme un bienfait et un progrès pour toutes les sociétés qu’elle touche. Cependant, cette révolution due aux machines ne peut se faire sans les hommes qui, au quotidien, travaillent et meurent dans l’ombre des usines.

Parmi les milliers de travailleurs qu’employaient ces usines, il y avait bon nombre d’enfants qui, en échangent de maigres revenus, s’occupaient de tâches difficiles, harassantes et parfois des plus dangereuses.   Contrairement à l’idée reçue, la Révolution industrielle n’a pas mis au travail plus d’enfants qu’il y en avait auparavant sur le marché du travail car ils ont toujours su se rendre utile comme nous l’avons vu dans le point précédent. Ce qui change avec l’arrivée des usines, c’est le grand nombre d’enfants qui seront employés dans le secteur industriel : avant, ils étaient éparpiller dans plusieurs secteurs alors qu’au XIXème siècle, on les retrouve en majorité dans les usines.

Ce phénomène est aussi dû à l’exode rurale qui a accompagner cette révolution : ces sont des familles entières qui ont quitté les campagnes pour trouver un emploi dans les usines et parents comme enfants ont été embauchés. Ce qui justifie l’emploi des enfants, c’est avant tout les avantages que procurent leur petite taille, leur souplesse, la docilité dont ils font preuve et surtout, les minces revenus qu’on doit leur payer. En effet, pour un temps de travail égal, ils sont beaucoup moins payer que leurs aînés.    Dans les premiers temps, il n’y avait pas d’âge pour commencer à travailler dans les usines et dès qu’ils savaient se rendre utile, les enfants pouvaient prendre part au travail de l’usine. On y trouvait parfois des enfants de quatre ans ! En 1833, le Factory Act interdit le travail des enfants de moins de 9 ans dans le textile. Il fixe également le temps de travail à 10h par jour pour les enfants de 09 à 14 ans et de 12h pour ceux de 14 à 18 ans. Cette main d’œuvre peu couteuse et ce qu’elle rapportait engendra également des trafics d’enfants. Par exemple, des paroisses, qui avaient pour but de venir en aide aux enfants déshérités, passaient des annonces pour vendre ces enfants à des propriétaires d’usines.

enfant

La condition des enfants au XIXème siècle a été le sujet de plusieurs œuvres en Europe et en Angleterre, Charles Dickens a connu un grand succès avec son roman‐feuilleton Oliver Twist, qui racontait  la vie d’un enfant anglais qui vivait dans les rues et qui devait travailler ou voler pour vivre.

Extrait du Dossier thématique sur le travail des enfants publié par cidem.org

Source: https://prendresoindenosenfantsquantiques.wordpress.com


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