Le 12 octobre 2017 est la Journée mondiale de l’arthrite. L’occasion de parler des travaux d’une équipe de l’Insermqui ont identifié une bactérie dont la présence en importante quantité dans le microbiote intestinal serait en partie responsable de la spondylarthrite ankylosante.

Les maladies inflammatoires et la composition du microbiote intestinal sont liés

Les spondyloarthrites (SpA) sont des maladies articulaires inflammatoires chroniques, caractérisées par une inflammation des articulations de la colonne vertébrale et du bassin. Si le rôle de certains facteurs génétiques, tel l’allèle HLA-B27, a été bien étudié dans le déclenchement ces maladies, celui des facteurs environnementaux, en particulier le rôle possible de la flore bactérienne intestinale (le fameux microbiote), est moins bien connu. Or, on sait maintenant que la composition de cette flore influe sur le développement des inflammations chroniques.

L’équipe du rhumatologue Maxime Breban à l’Inserm travaille depuis plusieurs années sur un modèle de rat auquel a été transféré le gène HLA-B27. Ces chercheurs développent alors des manifestations typiques d’une SpA, sauf lorsqu’il est élevé en incubateur stérile. Une observation qui suggère non seulement un rôle possible de ce gène, mais aussi un lien potentiel entre les bactéries présentes dans l’environnement et le déclenchement de la maladie.

Le microbiote des patients atteints de maladies inflammatoires est déséquilibré

Afin de vérifier cette observation sur l’humain, ils ont alors collaboré avec l’INRA pour étudier plusieurs groupes de personnes : des patients atteints de SpA, des témoins familiaux sains, ainsi que des personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde (PR). Des échantillons de selles ont été prélevés afin d‘y analyser les fragments d’ADN bactériens retrouvés, et ainsi en déduire la composition de leur microbiote. Les chercheurs ont ainsi constaté un déséquilibre des populations bactériennes (dysbiose intestinale) chez les patients souffrant de SpA ou de PR, en comparaison avec les témoins sains. Cette « raréfaction de la diversité microbienne dans le cas des deux maladies », constitue pour le Pr Maxime Breban « le premier résultat important » de l’étude. « Nous pensons que ce manque de diversité peut faire le lit de beaucoup de pathologies », explique-t-il.

Les chercheurs se penchent alors sur la composition du microbiote des patients, et observent une forte proportion de bactéries appelées Ruminococcus gnavus dans la flore intestinale des patients atteints de SpA. « Nous nous sommes rendus compte que l’activité de la SpA était corrélée avec la proportion de R. gnavus retrouvée dans les selles », explique le Pr Breban. « L’hypothèse est donc qu’une dysbiose qui favoriserait la présence de cette bactérie pourrait engendrer des maladies inflammatoires articulaires« .

La bactérie R. gnavus et le gène HLA-B27

R. gnavus est une bactérie habituellement présente dans l’intestin, qui a pour rôle de cliver et dégrader le mucus intestinal qui protège l’épithélium intestinal de l’action des bactéries. En cas de surabondance de cette bactérie, la dégradation trop importante du mucus pourrait engendrer une inflammation au niveau de l’épithélium intestinal. Quel lien alors avec les maladies articulaires telles les SpA ?

Les chercheurs émettent deux hypothèses : une première possibilité serait que les médiateurs de l’inflammation produits au niveau de l’intestin soient transportés par voie sanguine jusqu’aux articulations touchées par la maladie. La seconde hypothèse est que l’inflammation intestinale pourrait engendrer une plus grande perméabilité intestinale, qui favoriserait le passage de débris microbiens ensuite véhiculés jusqu’aux articulations.

Et d’où viendraient ces dysbioses ? En comparant la composition du microbiote des patients et celui de membres sains de leur famille, les chercheurs découvrent que les différences dans la composition des microbiotes étaient plus faibles entre les patients et les témoins sains porteurs du gène HLA-B27, qu’entre les patients et les témoins non-porteurs. Ce gène pourrait donc être en lui-même associé à cette dysbiose intestinale.

Source: https://www.sciencesetavenir.fr/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius- Au service de la Nouvelle Terre


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