Que faire de ce que l’on éprouve et qui est littéralement éprouvant, de nos émotions qui parfois nous submergent ? La psychothérapeute Catherine Aimelet-Périssol nous livre ses recommandations pour traverser ces moments délicats avec sérénité.

1. Considérez qu’elles ne veulent que votre bien

« Ni négatives ni positives, les émotions dites de base sont un signal d’alarme, explique Catherine Aimelet-Périssol. Elles nous informent que telle situation, ou tel événement, est favorable à la vie (via la joie) ou menaçante pour l’intégrité (grâce à la peur, la colère et la tristesse), etc. » Elles nous pressent de réagir pour maintenir notre existence, et ce depuis la nuit des temps.

2. Reconnaissez que l’on n’est jamais ému pour rien…

… même si, parfois, un rien nous émeut. « L’émotion est toujours juste, note la psychothérapeute, elle a toujours un sens et une fonction, une bonne raison de s’exprimer, même lorsque celle-ci nous échappe. Car notre cerveau a conservé en mémoire des informations vitales qui garantissent notre existence. » Si par le passé un événement a été associé à un danger, donc enregistré comme tel – par exemple, quelqu’un hausse le ton ou quelque chose fait obstacle –, toute situation similaire, même apparemment anodine, redéclenchera naturellement l’émotion.

3. Ne rajoutez pas de l’émotion à l’émotion

Puisque votre émotion a une bonne raison d’exister, ne culpabilisez pas. « S’angoisser de sa peur, s’énerver contre sa colère ou s’affliger de sa tristesse intensifient la sensation initiale, la noyant sous un flot de commentaires et de projections. Nous nous imaginons ainsi pouvoir nous débarrasser de ce qui est éprouvé et éprouvant, mais nous ne faisons que rajouter de l’émotion à l’émotion. La souffrance psychique augmente. Mieux vaut écouter le premier message et en tirer profit. »

4. “Ce n’est pas moi, c’est lui” Non, c’est bien vous !

Prenez votre part de responsabilité. « C’est votre émotion, même si elle s’est déclenchée à la suite d’un événement extérieur. Elle vous appartient et c’est une bonne nouvelle, car vous pouvez (en) faire quelque chose, prendre soin de votre désir et/ ou de ce qui vous manque. » Cerise sur le gâteau, selon toute logique, vous n’êtes pas responsable des émotions de l’autre.

5. Fiez-vous aux sensations de votre corps

Écoutez votre corps plutôt que votre esprit, conseille encore la spécialiste. « Une émotion débute toujours par une déstabilisation corporelle : la gorge est serrée, le rythme cardiaque s’accélère, etc. Soyez attentifs à ces sensations pour repérer ce qui vous traverse. Ne cherchez pas de solutions tout de suite à la situation. Prenez le temps de vivre ce moment qui est important. »

6. N’en faites pas un drame

Non, l’émotion ne va pas s’installer jusqu’à ce que mort s’ensuive. « Si vous n’en rajoutez pas, si votre esprit ne prend pas le relais en dramatisant la situation, les sensations corporelles désagréables s’estompent au bout de quelques minutes. Pour revenir au calme, respirez, marchez, étirez-vous, fermez les yeux… Notre météo intérieure change en permanence. »

7. Distinguez les faits de l’effet

« Opérez une distinction entre l’événement qui vous a bouleversé et qui a enclenché le processus émotionnel, et ce que vous vous racontez à son sujet. Êtes-vous en train de vous juger ? De juger l’autre ? De vous imaginer lire dans ses pensées ? Tirez-vous des conclusions hâtives et négatives de la situation ? Ce que vous pensez est souvent très éloigné de ce qui s’est passé. Prenez de la distance avec les projections et les fantasmes pour mieux vous rapprocher de vous, une personne normale donc sensible. »

8. Repassez-vous le film au lieu de vous en faire un

« Pour éviter que tout bavardage mental vous fasse réagir à mauvais escient, revenez à ce qui a fait choc. Que s’est-il passé concrètement ? Par quoi avez-vous été ému ? Qu’avez-vous vu, entendu, touché, perçu ? Comment avez-vous réagi ? Avez-vous eu envie de débarrasser le plancher (peur), d’en venir aux mains (colère) ou de vous recroqueviller sur vous-même en attendant que l’orage passe (tristesse) ? »

9. Admettez-le : l’émotion n’est pas un problème…

… c’est même le début de la solution. Une fois celle-ci mieux identifiée, occupez-vous de vous, prenez soin de vous. « Car l’émotion surgit lorsque l’un de nos besoins est mis à mal, déstabilisé. La peur indique souvent que l’on a besoin de davantage de sécurité. La colère, que l’on a besoin de mieux se connaître et de se reconnaître. Et la tristesse, que l’on a besoin de donner du sens, de comprendre ce qui nous arrive. » Parce qu’il existe tout de même des moments de grâce, sachez que la joie, elle, témoigne d’un désir d’élan, d’énergie, de vitalité, de bonheur.

10. Aimez être ému

N’hésitez plus : invitez l’émotion et les situations à hauts risques émotionnels dans votre vie. « Changez vos habitudes, recommande Catherine Aimelet-Périssol. Et n’essayez plus de tout éviter (si je ne prends pas la parole en public, je n’aurai pas peur), de tout contrôler (si j’arrive à me faire obéir, je ne serai plus en colère) ou de tout expliquer (si je comprends pourquoi mon ami fait la tête, je serai moins triste). Nous ne pouvons pas “gérer” nos émotions ; ce sont elles qui nous guident. Faire avec est bien plus constructif que faire sans ou contre. »

Source : https://www.psychologies.com/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre

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