Il y a dans le catholicisme une dispute sur cette question :
Le meilleur est-il de connaître Dieu, ou de l’aimer ?
Mais comment l’aimer sans le connaître ?
Comment le connaître, sans aussitôt l’aimer ?

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a deux sens spirituels et deux dimensions de la vie intérieure :

la connaissance, qui se fait par l’entendement ; et l’amour, qui se fait par la volonté (qui dans la culture classique ne désigne pas une tendance à l’effort, avec toutes ses connotations péjoratives, mais la faculté affective, le sens de l’amour).

Selon les Dominicains, comme Maître Eckhart, il y a une connaissance supérieure à tout amour, une lumière obscure, un vide au fond de l’âme dans lequel Dieu s’engouffre.

Selon les Franciscains, comme saint Bonaventure, il y a un amour supérieur à toute connaissance, une affection, un goût obscure, dans lequel on savoure, sans savoir ce que l’on savoure.

Comme on voit, l’idée est en fait la même. Il existe en nous une capacité de goûter Dieu sans savoir ce qu’est Dieu. Ca n’est pas une connaissance, car il n’y a pas de concept (pas d’espèces, comme on disait autrefois) ; mais c’est une connaissance, car on est comme fixé sur cet objet inconnu, dont on sait, intuitivement, que c’est Dieu. On ne médite rien, mais on n’est pas distrait pour autant, comme disent les Tibétains, et comme dit sainte Thérèse :

“Et saint Thérèse, de notre temps, écrit que quand Dieu commença à la gratifier de cet amour sans connaissance, elle en resta toute surprise, étonnée et confuse, ne pouvant comprendre comment cela lui arrivait.

Et voici comment elle s’en explique clairement, ne pouvant du commencement s’en expliquer, ce qui augmentait encore sa peine : – Si on m’eut demandé, que faites-vous ? J’eusse répondu, je fais oraison. Mais puisque l’oraison est l’action de l’entendement et de la volonté, à quoi pensez-vous en l’entendement ? – Je ne pense ni au monde, ni à Dieu. Non au monde, car je ne suis pas distraite. Et non à Dieu, car je n’ai aucune vue sur lui. Mais quelle oraison, et n’est-ce pas là une pure oisiveté et vraie perte de temps, et vaudrait-il pas mieux que vous vous occupassiez à filer ; du moins que faites-vous en votre volonté ? – J’aime, et même je me sens toute fondue en amour. Qui aimez-vous ? – D’abord je ne saurais dire si c’est Dieu, car je n’ai aucune vue sur lui. Mais pour peu que j’entre en moi-même, je sais bien que c’est mon Dieu que j’aime, et que je ne veux aimer que lui seul. Et comment l’aimez-vous ? – Je ne sais, car je ne produis aucun acte particulier d’amour, mais un amour général, confus et ténébreux, lequel je ne comprends pas.”
(dans Simon de Bourg-en-Bresse, Les Saintes élévations, Cinquième degré, chapitre II)

Ailleurs, on parle de “docte ignorance” (De Cues) ou encore d’une “sapience, science savoureuse” (Gerson).

Il est aussi certain que ces deux dimensions – de silence (connaissance) et de ressenti viscéral (amour) – se rejoignent au centre de mon être, dans le “je suis je”, lequel est le lieu du contact entre l’individuel et le divin, entre l’âme et sa source.

Source :https://shivaisme-cachemire.blogspot.com/


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Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre
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