La plupart d’entre nous vivons d’autres vies.
Pas celle à laquelle nous aspirons.
Combien de romans, de projets morts en nous ?

Mais pourquoi ?
Le plus souvent, nous faisons notre deuil
en nous persuadant que nous n’avions pas ce rêve en nous.
Que nous ne sommes simplement pas fait pour.
Nous croyions être gros de telle oeuvre,
de ces mots magiques, là, entrevus en rêve…
mais ça n’était qu’un rêve.

Vraiment ?
Le véritable obstacle est la résistance.
Cette force insaisissable, ce mal impalpable
mais au pouvoir bien réel.
Le plus dur n’est pas d’écrire,
mais de s’asseoir.

Les méthodes, trucs et astuces pour faire le saut
sont légions. L’image est parlante :
nous trépignons sur le plongeoir,
nous nous faisons du mauvais sang,
nous ne passons pas à l’acte.

C’est pareil pour la spiritualité,
pour l’amour, pour parler à ceux que l’on aime
ou faire le premier pas d’une réconciliation.
Cette force mystérieuse…
Pourtant, l’expérience nous a appris
qu’une fois le seuil passé,
c’est moins dur.
Comme si autre chose prenait le relais.
Comme une transe chamanique,
comme un genre d’hypnose.
Comment changer de régime ?
Comment passer la vitesse ?
Chacun ses astuces, ses trouvailles et ses déceptions secrètes.

Pour moi, la vie intérieure est au cœur de tout ça.
C’est la même résistance.
On pourrait même dire, la même timidité.
Il faut un grain de folie pour plonger
dans le silence,
pour s’immerger dans le ressenti du tréfonds.
Ici les échecs et les souffrances aident,
paradoxalement.
Grandir en descendant.

Mais pour moi, la clé est d’agir sans savoir.
C’est extraordinairement puissant.
Face à la page blanche,
ça sort.
Comme si je n’étais qu’un simple canal.
Un instrument.
Je me vois transparent.
Plus de voile entre la Source et la page.
Bien sûr, je reste libre d’intervenir.
Je peux refuser des mots.
Mais ça coule. De source, si j’ose dire.
Le silence (?) propose, l’ego dispose.
Donc la source en premier.
Ecrire comme si on était fou.
Idiot. Bêtasse. Sans idées.
Les idées viennent.
Juste on oriente, subtilement.
Comme un chien qui flaire une piste.
Humer, capter le courant.
Ecrire sans savoir.
Voilà la clé.

Comme Vyâsa, comme Vâlmîki le premier poète,
nous sommes des sources inépuisables.
S’ouvrir, larguer les amarres,
se voir invisible, dépouillé,
translucide , tel une boule de cristal.

Pareil pour le reste.
Faire sans savoir.
Sans espoir ni attente d’un résultat.
Ou en laissant cette attente (sans doute inévitable)
à l’arrière-plan.
Se laisser saisir par la curiosité
de voir ce qui va sortir du vide,
ce qui va naître du rien.
Sans savoir, là, dans l’instant.

De toutes façons, n’est-ce pas toujours ainsi ?
Tout acte jaillit du rien.
Alors pourquoi s’embarrasser
à faire comme si cela dépendait de nous ?
Laissons faire.

[Source] https://shivaisme-cachemire.blogspot.com


ATTENTION: Votre discernement est requis par rapport à ces textes.
♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

- POSER UN GESTE D'AMOUR -
Une contribution volontaire
aide véritablement à maintenir ce site ouvert
et ainsi vous devenez un Gardien Passeurs en action.
CLIQUEZ ICI POUR CONTRIBUER
Merci

Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre