Une deuxième succession de sursauts radio rapides (SRR) a été détectée grâce au télescope CHIME installé dans la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique.

Les sursauts radio rapides sont de courtes impulsions d’ondes radio, très énergétiques, mais aussi très brèves (elles ne durent que quelques millisecondes). En fait, elles émettent autant d’énergie en une milliseconde que le Soleil en 10 000 ans.

De rares sursauts en série

La particularité de la présente détection est son caractère répétitif, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une suite de sursauts radio rapides, qui sont surtout connus, à ce jour, pour ne se produire qu’une seule fois.

Un premier cas de succession de SRR avait été observé en 2007, et sa source, une lointaine galaxie naine, avait été déterminée en 2017.

L’observation de cette nouvelle série confirme qu’il ne s’agit pas d’anomalies dans l’analyse des données, et pourrait aider à expliquer les causes des SRR.

Les astrophysiciens pensent que ce phénomène mystérieux émanerait d’événements astronomiques puissants qui se produisent à des milliards d’années-lumière de la Terre.

Un SRR pourrait provenir d’un amas dense, comme un reste de supernova (l’explosion d’une étoile en fin de vie), ou encore d’un point situé près du trou noir central d’une galaxie. Une chose est sûre : la dispersion observée nous indique qu’il s’agit d’un endroit spécial.

 Cherry Ng, Université de Toronto

Le CHIME, un effort canadien

Le présent SRR est l’un des 13 sursauts détectés au cours d’une période d’à peine trois semaines pendant l’été 2018 à l’aide du radiotélescope CHIME.

Le radiotélescope CHIME occupe un espace qui équivaut à celui de cinq patinoires de la LNH.Le radiotélescope CHIME occupe un espace qui équivaut à celui de cinq patinoires de la LNH. Photo : CHIME

En fait, la découverte de ce signal extragalactique est l’un des premiers résultats obtenus par CHIME (Expérience canadienne de cartographie de l’intensité de l’hydrogène).

Cette collaboration pluridisciplinaire regroupe des chercheurs de l’Université McGill, de l’Université de Toronto, de l’Université de la Colombie-Britannique et de l’Observatoire fédéral de radioastrophysique exploité par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC).

Selon ces scientifiques, cette deuxième détection montre clairement les capacités du nouveau télescope, qui n’en était alors qu’à l’étape de prédémarrage et ne fonctionnait qu’à une fraction de sa capacité au moment de la détection.

Deux mystères en série

Une trentaine de SRR avaient été détectés avant l’annonce d’aujourd’hui, mais seulement un d’entre eux se répétait.

La découverte de ce deuxième cas nous permet de croire qu’il pourrait y en avoir d’autres. Si nous pouvions étudier plus de SRR répétitifs et plus de sources, nous pourrions peut-être découvrir la provenance de ces phénomènes et leurs causes.

 Ingrid Stairs, Université de la Colombie-Britannique

La précision avec laquelle CHIME trouve des SRR accélérera certainement les progrès accomplis en vue de résoudre le mystère de leur origine.

Ils semblent prendre leur origine à environ 1,5 milliard d’années-lumière de la Terre, provenant peut-être « d’un amas dense, comme un reste de supernova, ou encore d’un point situé près du trou noir central d’une galaxie ».

Le détail de ces travaux est l’objet de deux articles publiés dans le magazine Nature(Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Source : https://ici.radio-canada.ca/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre
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