L’Égypte rouvre au public deux pyramides fermées depuis plus de 50 ans sur le site de Dahchour, au sud du Caire.

Et de deux ! Il n’est pas si courant, comme viennent de le faire les autorités égyptiennes, samedi 13 juillet, de permettre au public d’accéder de nouveau à des pyramides, ces tombeaux monumentaux réservés aux souverains défunts. En effet, depuis 1965, c’est la première fois qu’il est possible d’explorer l’emblématique “pyramide Bent”, dite aussi rhomboïdale, et sa voisine immédiate, “la pyramide rouge”, toutes deux situées à Dahchour, sur la rive ouest du Nil, au sein de la nécropole royale de l’antique Memphis, à une quarantaine de kilomètres au sud du Caire, l’actuelle capitale.

La “pyramide Rouge”, pyramide satellite de la “rhomboïdale”. © Mohamed el-Shahed /AFP

Érigée sous le règne du pharaon Snéfrou (2561-2538 avant J.-C.), le fondateur de la IVe dynastie, père du célèbre Kheops (2538-2516 avant J.-C), l’imposante pyramide rhomboïdale est unique par son apparence architecturale. Transition entre la pyramide à degrés de Djoser (2667-2648 av. J.-C.), la première d’entre toutes, sur le plateau de Saqqarah, et celle de Meïdoum, à l’entrée du Fayoum, l’édifice de 105 mètres de haut présente un aspect caractéristique (lire Sciences et Avenir n° 857). Sa double inclinaison provient d’un changement de plan intervenu pendant sa construction. Alors que la déclivité prévue était de 58 degrés, elle a dû être revue à 43 degrés à mi-parcours du chantier, en raison de l’instabilité de la base.

Des aménagements pour faciliter les visites

Lors de la réouverture, le ministre des Antiquités égyptiennes, le Dr Khaled El-Anany, qui s’est déplacé sur les lieux, a expliqué qu’afin de faciliter les visites et d’assurer la sécurité, des restaurations ont été effectuées et des systèmes d’éclairage interne et externe installés, de même que des rampes d’accès.

Rampe d’accès à l’intérieur de la pyramide rhomboïdale. © Li Yan / Xinhua /AFP

Le ministre a également profité de sa conférence de presse pour révéler plusieurs découvertes récemment réalisées lors de fouilles archéologiques menées dans la région de Dahchour. En particulier, des sarcophages de pierre et d’autres en bois polychromes exhumés à proximité des ruines d’un mur localisé à environ 300 mètres de la “pyramide blanche” d’Aménemhat II (1930-1895 avant J.-C.), ouvrage dont il ne reste presque plus rien. La dernière des grandes pyramides a avoir été dressée à Dahchour est celle d’Amenhemat III (1843-1796 avant J.-C), la “pyramide noire”, aujourd’hui très fortement endommagée.

Un des sarcophages polychromes récemment mis au jour à Dahchour. © Mohamed el-Shahed /AFP

Depuis plusieurs années, par l’annonce régulière de découvertes archéologiques, les autorités égyptiennes s’évertuent à faire revenir les touristes, dont l’économie du pays dépend largement. Très affecté par l’instabilité politique depuis la ” révolution ” de 2011, puis le renversement du président Mohamed Morsi, en 2013, le secteur touristique semble toutefois reprendre de la vigueur.

B. A. avec AFP

Source : https://www.sciencesetavenir.fr/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre
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