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Une équipe internationale montre dans Nature Communications que certaines technologies de séquestration carbone, si elles sont mal utilisées à trop large échelle, pourraient amplifier le réchauffement climatique au lieu de l’atténuer.

Et si pour lutter contre le réchauffement climatique, on construisait des centrales à biomasse permettant la séquestration géologique du dioxyde de carbonegaz à effet de serre ? C’est l’idée que plusieurs industriels défendent depuis quelques années, bien que ces technologies de captage et de stockage de carbone (CSC) sont contestées : en 2015 par exemple, le gouvernement britannique annulait un plan de soutien peu avant la COP21. Plusieurs déclinaisons technologiques existent, dont celle-ci, qui consiste à piéger le carbone atmosphérique dans des structures géologiques… le tout à partir d’énergie provenant de la combustion de biomasse.

Mais une étude réalisée par des chercheurs anglais, américains, allemands et français, publiée dans Nature Communications vient enfoncer le clou : pour limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C par ce biais, la quantité de biomasse requise est telle… qu’il faudrait transformer de vaste surfaces de forêts en surfaces agricoles, afin d’obtenir suffisamment de biocarburants ! Une transformation qui libérerait, tous comptes faits, plus de CO2 que si on laissait les forêts en place, ces dernières jouant le rôle d’un puits de carbone en retenant le gaz à effet de serre.

“Deux fois la surface de surface de l’Inde”

Un problème dès lors que les technologies de séquestration carbone sont envisagées pour “la vaste majorité des scénarios du GIEC pour limiter le réchauffement climatique en deça du seuil des 2°C“, alerte Anna Harper de l’université d’Exeter, auteur principal de l’étude, dans un communiqué. “Pour être appliquée à large échelle, la séquestration carbone impliquerait de cultiver des biocarburants sur une surface de deux fois la taille de l’Inde !” Or, il est difficile de dénicher une telle surface agricole sans accroître davantage la déforestation.

VÉGÉTATION. Pour parvenir à de telles conclusions, ces spécialistes des sciences de l’environnement ont modélisé l’influence de la végétation et des sols terrestres pour évaluer son impact global sur la stabilisation du réchauffement climatique à +1,5 ou +2°C. Verdict : le recours généralisé aux technologies de séquestration carbone basées sur la consommation de biomasse mènerait au final… à l’émission globale de davantage de carbone dans l’atmosphère.

Pas une technologie miracle

Tom Powell, doctorant à l’université d’Exeter et co-auteur de l’étude, concède, également dans un communiqué, que “dans certains cas, la séquestration carbone à partir de biomasse peut être efficace, mais dans la plupart des cas il est plus sensé de protéger ou de régénérer les forêts actuelles”. Chris Huntingford, du Centre britannique pour l’écologie et l’hydrologie, qui a aussi participé à l’étude, explique pour sa part que ces technologies doivent être “limitées à certaines situations géographiques particulières. Pour aténuer le réchauffement climatique, il n’y a pas de technologie miracle : nous devons aussi réduire nos émissions drastiquement.”

FORÊTS. Les forêts, qui couvrent 31% de la surface de la Terre, sont le 2e plus grand puits de carbone de la planète et absorbent plus de 70 millions de tonnes de CO2 chaque année, selon l’ONF. Mais ce n’est pas tout : elles présentent aussi “de nombreux bénéfices pour les écosystèmes comme pour l’homme : biodiversité, contrôle des inondations, amélioration de la qualité de l”air, de l’eau et des sols”, concluent les chercheurs dans l’étude. “Même si la séquestration carbone à partir de biomasse pourrait être utile, si elle est déployée dans des conditions adaptée, la plus grande prudence est requise lorsqu’on cherche à évaluer l’impact de la déforestation.” D’où cet avertissement envers une technologie qui, si elle est mal utilisée, pourrait faire plus de mal que de bien.

Source : https://www.sciencesetavenir.fr/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre

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