Jeu de la conscience (Bodha-vilâsa), attribué à Kshéma Râdja.

Il s’agit d’une version en vers du Cœur de la Reconnaissance (Pratyabhijnâ-hridaya)

que j’ai traduit ailleurs et qui est paru sous le titre Au cœur des tantras, aux éditions des Deux Océans.

Suite du texte, traduit du sanskrit :

Quand l’Energie se détend, il est célébré Souverain des Energies par les philosophes.

Quand l’Energie se contracte, la tradition dit qu’il est « contracté » :

il se réincarne dans le samsara.

Car la Mâyâ, quand elle est examinée, même un peu, se dévoile comme Création.

Un autre Energie connue comme « Subsistance ».

(Et) quand elle résorbe (les choses en elle-même), cette déesse est Résorption.

Elle est Grâce, quand elle reprend (tout) dans l’unité de la conscience.

Et quand elle ne manifeste pas l’unité de (tout) cela, elle est Voilement.

Ainsi, le flot des Cinq Actes est toujours présent en chacun de ses aspects.

Quand il est (re)connu, il est comme la Pierre Philosophale.

Sinon, il reste stérile. L’Energie (shakti), c’est ici la Vie, telle qu’elle s’exprime dans les activités du corps et de l’esprit.

Quand cette Shakti n’est pas pleinement reconnue comme Energie de notre Soi, elle nous emprisonne, elle se « contracte ».

Quand elle est pleinement reconnue, elle s’épanouit, se détend, se dilate à l’infini.

Comment reconnaître la Shakti ?

En l’illuminant (âlokitayitum), c’est-à-dire en l’observant directement.

Mais cela ne suffit pas : il faut encore la reconnaître, c’est-à-dire faire le lien entre ce qui est observé directement, et le concept que nous avons de l’Oeuvre divine.

Cette dernière est nommée « le Cinq Actes » ou quintuple activité dans le shivaïsme, car elle comporte cinq phases :

création, subsistance, destruction, voilement et dévoilement.

Dans l’expérience ordinaire, cette Oeuvre est bien présente :

quand je vois un vase bleu, c’est l’Energie de Création.

Quand il subsiste un moment dans mon champ de perception, c’est la Subsistance.

En tant que cette perception a succédé à d’autres, cette vision du vase bleu est Destruction.

En ce la vision de ce vase m’apparaît comme un objet  séparé de moi et ayant une existence indépendante de la conscience que j’en ai,

cette vision est Voilement ou Occultation de l’unité consciente.

Enfin, parce que cette vision reste tout de même une avec la Lumière consciente, sans quoi elle ne serait rien, cette vision est Grâce.

Cette pratique de la reconnaissance de l’Energie se fait donc à chaque instant.

Ou, disons qu’elle est complète en chaque instant.

En effet, non seulement ces Cinq Actes se succèdent dans l’expérience la plus banale de chacun, mais encore ces Cinq Actes sont présents en chaque moment de cette expérience.

Ils sont cinq aspects de chaque perception, de chaque sensations, de chaque pensée.

C’est à travers cette reconnaissance que, selon la tradition et selon la philosophie de la Reconnaissance, moi, âme prisonnière de toutes sortes de limites, je redeviens « Souverain des Energies ».

C’est la simple reconnaissance de ce qui est donné qui suffit à provoquer l’éveil complet.

Tout est donné à chaque instant.

Reconnue, l’expérience ordinaire  est « la Pierre Philosophale ». Ignorée ou négligée, par contre, elle reste stérile, elle n’engendre que doute, confusion et déceptions.

Source: http://shivaisme-cachemire.blogspot.ca/


ATTENTION: Votre discernement est requis par rapport à ces textes.
♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

- POSER UN GESTE D'AMOUR -
Une contribution volontaire
aide véritablement à maintenir ce site ouvert
et ainsi vous devenez un Gardien Passeurs en action.
CLIQUEZ ICI POUR CONTRIBUER
Merci

Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre