Selon des archéologues, certaines des imposantes roches de Stonehenge pourraient avoir été érigées pour la première fois en tant que monument dans l’ouest du Pays de Galles, à quelque 230 kilomètres du site que le grand public connait bien.

Dans une étude publiée cette semaine (lien plus bas), des chercheurs dirigés par Mike Parker Pearson de l’University College London, en Angleterre, révèlent des carrières probablement néolithiques d’où ont été extraits plusieurs les piliers iconiques de dolérite (Bluestone) de Stonehenge.

Ils identifient également les outils utilisés dans le processus et reconstituent ainsi les protocoles d’extraction et de déblaiement, et s’appuient sur de précédentes recherches qui indiquent qu’aux moins certaines des pierres géantes ont été initialement ajoutées à un cercle en pierre non loin de leur lieu d’origine.

Les piliers, qui comprennent un “fer à cheval” intérieur et un cercle extérieur à Stonehenge, sont faits de dolérite. Dès 1923, il a été établi que le seul endroit en Grande-Bretagne où l’on peut trouver ce type de roche se trouve dans les collines de Preseli – également connues sous le nom de Mynydd Preseli – dans le nord du Pembrokeshire à l’ouest du Pays de Galles.

Localisation des collines de Preseli (Mynnydd Preseli ; marron) et des strates de grès de la Formation de Senni (bleu) et du Groupe de Cosheston (vert). (Irene de Luis/ Antiquity)

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Cependant, la région abrite plusieurs anciennes carrières, chacune d’entre elles produisant des roches ayant des attributs visuels et chimiques différents, et il est vite devenu évident que l’énorme monument du Wiltshire abritait plusieurs piliers sur plus d’un emplacement.

La tâche (scientifique) d’assigner des roches spécifiques à des points d’origine spécifiques n’a cessé depuis lors.

Dans leurs derniers travaux, Pearson et ses collègues ont réussi à localiser l’origine de plusieurs des piliers dans deux carrières néolithiques, appelées Carn Goedog et Craig Rhos-y-Felin.

L’extraction de la pierre dans les collines de Preseli s’est poursuivie à des périodes ultérieures, dont les périodes romaine et médiévale, et dans certains cas, elle se poursuivait au XIXe siècle. Cependant, les archéologues ont identifié des parties de Carn Goedog et Craig Rhos-y-Felin qui avaient apparemment été laissées intactes depuis peu après l’enlèvement des piliers de Stonehenge, vers 3000 av JC.

Carn Goedog. (UCL)

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Par conséquent, ils ont été en mesure de faire des déductions fondées sur des données probantes sur le fonctionnement du processus d’exploitation minière.

A Carn Goedog, les chercheurs ont trouvé un certain nombre d’outils en pierre. Les plus courants étaient de larges cales, faites de mudstone (argile ou de boue) ou de grès ( aucune n’est endémique de la région). Pearson et ses collègues suggèrent que ces cales ont été insérées dans des fissures verticales de la dolérite, puis forcées vers le bas pour séparer un pilier ainsi formé naturellement de sa roche mère.

Élargissement d`une jointure entre des piliers de Carn Goedog. (Duncan Schlee/ Antiquity)

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Selon les archéologues, l’utilisation de mudstone et de grès pour fabriquer les cales-outils est importante. Les deux types de roches sont plus tendres que la dolérite et ont peut-être été utilisés pour s’assurer que ce sont les outils plutôt que les piliers qui se cassaient lorsque des forces étaient appliquées.

D’après les observations des pratiques d’exploitation des carrières à faible technicité encore en cours dans d’autres parties du monde, il est probable que les outils en pierre ont été complétés par des cales, des leviers et des cordes en bois. Cependant, aucune de ces matières organiques n’a survécu.

En enlevant les débris de pierre à la base de Carn Goedog, les archéologues ont découvert une grande plate-forme, construite à partir de dalles de pierre plates, dont un grand nombre était fendu. Ils suggèrent qu’elle a servi d’embarcadère pour les nouveaux piliers extraits.

Selon les chercheurs :

Une fois qu’un pilier a été détaché de la paroi rocheuse à l’aide de cales, des cordes ont pu être fixées autour de sa partie supérieure afin qu’il puisse être tiré vers l’extérieur de la paroi rocheuse, en étant maintenu par des cordes tenues par des travailleurs debout sur le sommet large et plat de l’affleurement.

Ceux qui se trouvaient au sommet de l’affleurement auraient pu tendre soigneusement leurs cordes pour contrôler la descente du pilier afin qu’il pivote lentement vers le bas dans la plate-forme artificielle, son extrémité pressant une partie des dalles de pierre de la plate-forme profondément dans le sol en dessous. Des cordes pourraient alors être rattachées pour abaisser le pilier dans une position horizontale.

De là, le pilier aurait pu être levé sur un traîneau de bois, puis traîné sur le sol, glissant sur de l’herbe sèche.

Les archéologues identifient quelques itinéraires potentiels à partir des deux sites de carrières. Ce faisant, ils se réfèrent à un grand nombre de précédentes recherches – ou peut-être spéculations – dont certaines remontent à un siècle, qui suggèrent que les piliers ont d’abord été incorporés dans un gigantesque cercle en pierre beaucoup plus proche de leur point d’origine.

Selon les archéologues, ce monument putatif était le “Stonehenge original”.

L’un des emplacements possibles souvent cités est une enceinte néolithique voisine appelée Banc Du.

Localisation des sources de dolérite de Carn Goedog, Craig Rhos-y-felin (rhyolite) et Cerrigmarchogion (dolérite). Les emplacements de l’ancien cercle de pierre de Waun Mawn, de l’enceinte du Banc Du et de l’enceinte palissadée de Dryslwyn, ainsi que des portiques tombeaux du Néolithique (carrés noirs) y figurent. (Mike Parker Pearson et coll./ Antiquity)

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De précédentes recherches ont établi que la zone était utilisée à peu près au même moment où les piliers de Stonehenge ont été exploités, mais les analyses géophysiques n’ont pas permis de trouver la moindre trace de “caractéristiques culturelles”, ce qui implique qu’il s’agissait d’une zone de stockage. L’autre candidat est une ancienne enceinte appelée Dryslwyn, dans la basse vallée de la Nevern, qui est connue pour avoir été palissadée et qui contient une tombe mégalithique à une seule chambre connue sous le nom de dolmen.

Pearson et ses collègues n’écartent pas cette possibilité. Ils ajoutent, cependant, encore un autre candidat, une localité connue sous le nom de Waun Maun, à seulement trois kilomètres des sites de la carrière et connue pour contenir un cercle partiel en pierre. Le lieu a d’abord été suggéré comme l’emplacement de ce que l’on pourrait considérer comme le prototype de Stonehenge dès 1925, mais il a été écarté par les autres archéologues dans les années 60. Cependant, l’identification de Carn Goedog et Craig Rhos-y-Felin comme étant la source des piliers connus de Stonehenge, selon Pearson et ses collègues, devrait inciter à réexaminer le site.

L’étude publiée dans Antiquity : Megalith quarries for Stonehenge’s bluestones et présentée sur le site de l’University College London : Quarrying of Stonehenge ‘bluestones’ dated to 3000 BC.

Source : https://www.gurumed.org/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre
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