On parlait de « sensiblerie » ou de « niaiserie » il y a encore peu de temps, mais les personnes hypersensibles commencent à susciter de plus en plus d’intérêt. Une psychanalyste fait le point sur ce tempérament aux qualités multiples, qu’il convient toutefois d’apprivoiser : alors un potentiel exceptionnel peut s’exprimer.

Qui est hypersensible ?

Tout le monde n’est pas hypersensible, mais environ 20% de la population possède effectivement plusieurs traits caractéristiques de l’hypersensibilité :

  • Vous fondez en larmes devant n’importe quelle comédie romantique ?
  • Vous vous extasiez face au spectacle d’une abeille butinant une fleur ?
  • Vous voyez le beau en toute chose ?
  • Vous êtes très sensible au regard des autres ?
  • Vous ne supportez pas l’injustice ?
  • Vous cherchez du sens derrière chaque situation ?

Alors, faites-vous partie des personnes hypersensibles ? C’est le cas si vous vous reconnaissez dans une majorité des situations questionnées, pas nécessairement dans chacune d’elles. Et si vous n’en êtes pas tout à fait sûr, vous trouverez une multitude de tests en ligne permettant de confirmer ce « diagnostic », comme celui paru sur psychologies.com. Souvent l’hypersensibilité est présentée comme un problème, pourtant, la psychanalyste Krystel Joinet insiste :

cela n’a rien de pathologique, c’est un tempérament !

Les mentalités évoluent

personnes hypersensibles

Elle rappelle que, pendant longtemps, on parlait de «sensiblerie» pour qualifier ce trait de caractère. Le fait d’avoir troqué ce mot affreux pour « hypersensibilité » montre que les mentalités évoluent dans le bon sens. « C’est bien, mais c’est encore insuffisant », poursuit cette spécialiste dont le cabinet ne désemplit pas. Elle accueille de nombreux patients dont l’enfance a été bercée par des phrases du type : « Arrête de pleurer, il faut t’endurcir ! » ou « Qu’est-ce que tu peux être susceptible ! », etc.

Plus tard, quand ce ne sont plus les parents qui jouent les tyrans, ce sont les patrons ou les collègues qui prennent le relais.

Ainsi, K. Joinet constate que les hypersensibles sont souvent vus comme des individus n’ayant pas les armes pour faire face à la pression du monde du travail. Du coup, ils peuvent vite devenir des têtes de turcs.

Des êtres exceptionnels

Pas facile en effet d’être pris au sérieux quand on a souvent la larme à l’œil. « Quel dommage ! » s’exclame la psychanalyste, car elle explique que les larmes ne sont pas nécessairement un signe de tristesse, encore moins de faiblesse. Ce sont parfois de simples signaux du corps. En extériorisant ce qu’ils ressentent, les hypersensibles sont moins sujets aux maladies psychosomatiques. Plutôt que de les mépriser, on devrait les envier. C’est tout de même mieux que de se fabriquer un ulcère !

L’hypersensible qui s’autorise à être lui-même ne subit plus ses émotions, il les gère

Une liste de dons longue comme le bras

Et puis le caractère de l’hypersensible ne se limite pas à ça… Excellente écoute de soi et des autres, empathie, créativité, intelligence émotionnelle, réceptivité, acuité, propension exceptionnelle à s’extasier devant la beauté du monde, des arts, de l’humain, goût du travail bien fait…

La liste de ces dons est longue comme le bras, dons qui constituent de vrais atouts, à condition d’assumer son tempérament. Sinon, la vie de ces individus peut vite se transformer en enfer :

Ceux qui n’acceptent pas leur extrême sensibilité vont flirter avec un tas d’émotions très pénibles, comme la gêne ou la honte. Au quotidien, cela devient insupportable.

S’accepter est la clé

personnes hypersensibles

D’où l’intérêt, dans ce cas, de faire un travail sur soi. L’objectif : dédramatiser pour transformer «l’hypersensibilité-ennemie» en «hypersensibilité-alliée».

L’hypersensible qui s’autorise à être lui-même parvient à ne plus subir ses émotions, mais au contraire : il les gère. La psychanalyste explique qu’ainsi, il résiste mieux au stress, y compris dans son milieu professionnel :

Ceux qui craquent sont généralement ceux qui n’ont aucun sas de décompression.

Les enfants hypersensibles

Le conseil donné aux parents qui reconnaissent chez leur enfant les traits de l’hypersensibilité, est de leur porter un regard bienveillant. Plus ils auront accueilli et cultivé l’émotivité de leurs petits – au lieu de chercher à les endurcir, mieux ces derniers s’en sortiront dans la vie. Certains même s’en sortiront plus que bien ! Pour s’en convaincre, il suffit de lorgner du côté de Salvador Dali, un grand hypersensible reconnu.

Contrairement aux idées reçues, les hypersensibles ne sont pas tous timides et rougissants. Ils peuvent être totalement extravertis ! assure Krystel Joinet.

Sans aller aussi loin, les enfants qui ont eu la chance d’être acceptés tels qu’ils sont par leur entourage familial développeront plus facilement leur potentiel créatif, qu’ils transformeront plus tard en force. Une force qu’ils pourront mettre à profit dans n’importe quel domaine. Dans l’art pur comme Dali pourquoi pas, ou dans le théâtre, le cinéma, etc.

Mais aussi dans des métiers à l’opposé… Oui, car les hypersensibles montrant une excellente résistance au stress, s’avèrent très appréciés dans les métiers de la haute finance, entre autres exemples.

Source : madame.lefigaro.fr


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre
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