L’anthropologue David Le Breton souligne qu’environ 15% des adolescents ont des comportements à risque. Il est frappant de constater que ce pourcentage est pratiquement le même partout dans le monde.

L’anthropologue David Le Breton a étudié les comportements à risque chez les adolescents. Il l’a fait dans une perspective humaniste, en tenant compte des multiples facteurs de vide et de pression auxquels sont soumis les plus jeunes dans le monde actuel.

On parle de comportement à risque lorsqu’une personne est exposée volontairement et de façon répétée à un danger. Ce danger est lié à la possibilité de mettre en jeu leur intégrité physique ou mentale, voire même leur vie. Ceux qui adoptent ce type de comportement ne peuvent expliquer clairement la raison qui les motive.

L’adolescence est une période particulièrement propice aux comportements à risque. Il s’agit notamment des rapports sexuels non protégés, des « sports extrêmes », des défis à relever par les pairs et de différents types de comportements suicidaires. Il peut s’agir, entre autres, de la conduite à des vitesses exorbitantes ou de l’entrée dans des zones ou groupes dangereux.

« Les jeunes ont toujours le même problème : celui de se rebeller et de se conformer en même temps. »

-Quentin Crisp-

Une adolescente inquiète car elle a des comportements à risque

Les comportements à risque et l’adrénaline

Les adolescents adoptent souvent des comportements à risque en soulignant qu’ils libèrent de l’adrénaline. Ils perçoivent positivement le fait de vivre des émotions intenses, car apparemment cela les fait se sentir plus vivants. Ils le ressentent presque comme un synonyme de « vivre la vie intensément ».

Bien que l’adolescence puisse être une période difficile, où l’exploration est un élément fondamental, tous les jeunes ne ressentent pas la même motivation à explorer les frontières. Ils n’ont pas non plus tous l’impression de « rater leur vie » s’ils ne le font pas.

Très régulièrement, les nouvelles nous rapportent la mort d’un adolescent en raison de l’un ou l’autre de ces comportements à risque. Il peut s’agir de boire une bouteille d’alcool fort d’un seul trait, par exemple. Ou de sauter d’un étage surélevé dans une piscine. Certains s’impliquent même dans des gangs ou des groupes illégaux, tous « pour l’expérience ».

L’évolution des comportements à risque

Jusqu’à il y a quelques décennies seulement, ce désir était canalisé d’une autre manière (les comportements à risque sont aussi sensibles aux modes). De plus, selon l’anthropologue David Le Breton, ce type de comportement a commencé à gagner en popularité dans les années 1970.

Selon lui, le premier comportement à risque à se manifester était la toxicomanie. Les drogues ont commencé à être synonymes de jeunesse dans les années 1960 et, dans les années 1970, elles étaient devenues une pratique courante. S’ensuivit ce genre d’ »épidémie » d’anorexie qui se produisit dans les dernières décennies du XXe siècle.

Dans le même temps, les premières nouvelles de massacres commis par des adolescents remontent aux années 1990. La généralisation du phénomène des gangs remonte également à cette époque. C’est aussi au cours de cette décennie qu’est apparue la coutume massive de la scarification, synonyme de la pratique d’incisions dans la peau. Les tatouages et les piercings sont devenus une mode douloureuse mais tolérée.

Ces dernières années, d’autres vagues de comportements à risque sont apparues. Les sinistres défis qui sont convenus dans les réseaux sociaux, par exemple. Enfin, il y a ceux qui sont enclins à contacter et à rejoindre des groupes radicaux.

Un adolescent préoccupé par des comportements à risque

Que se passe-t-il avec ces jeunes ?

Le Breton souligne que le monde d’aujourd’hui engendre des comportements à risque pour une raison fondamentale : au bout du compte, tout le monde se bat seul. Il y a une désinstitutionalisation généralisée dans la société. La première des institutions en déclin est la famille. Ce n’est plus un noyau qui encadre les jeunes dans une classe, dans des valeurs et dans des limites.

Quelque chose de semblable se produit avec d’autres institutions sociales, comme l’église, l’école, le pouvoir politique, etc. Tous ces agents sociaux ne constituent plus un cadre de référence pour les nouvelles générations. Beaucoup de jeunes cherchent, par des comportements à risque, à trouver ces limites qu’ils ne connaissent pas. Trouver les frontières du tolérable et de l’intolérable. Et même là, ils ne les trouvent pas.

Lorsqu’un enfant n’a pas de références ou qu’elles ne sont pas les bonnes, sa relation avec le monde se construit sur des bases très fragiles. Un voyage commence à la recherche d’un sens, qui aboutit souvent à ces dangereuses explorations. Beaucoup d’enfants grandissent aujourd’hui dans les mêmes maisons que leurs parents, mais finalement très loin d’eux. Ils n’ont pas besoin de les avoir à leurs côtés tout le temps, mais il demeure important qu’ils fassent partie de leur vie. Et, dans bien des foyers, ce n’est pas le cas.

Source :https://nospensees.fr/


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Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre
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