Quatre baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes dans le golfe du Saint-Laurent en un mois. La situation inquiète les écologistes et préoccupe les pêcheurs qui, jusqu’à tout récemment, croyaient connaître une saison sans anicroche.

Pêches et Océans Canada a confirmé mardi la mort de deux baleines noires dans le golfe du Saint-Laurent. Les carcasses ont été repérées près de la Péninsule acadienne, au Nouveau-Brunswick, et à l’ouest des Îles-de-la-Madeleine, au Québec. Il s’agit des troisième et quatrième morts confirmées de baleines noires de l’Atlantique Nord dans les eaux canadiennes cette année.

La troisième baleine a été repérée par un pêcheur au large de la Péninsule acadienne dans une zone statique, c’est-à-dire une zone où la pêche est interdite, indique la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP).

Le pêcheur en question a immédiatement contacté la FRAPP pour communiquer la nouvelle. Il était 8 h 30, mardi. On lui a demandé de prendre des photos et de noter les renseignements nécessaires. Le tout a ensuite été envoyé à Pêches et Océans Canada.

Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels
Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Jusqu’à maintenant, le directeur général de la FRAPP , Jean Lanteigne, croyait à une saison de pêche sans incident touchant des baleines.

On est déçus d’apprendre ça. On est en fin de saison. La pêche se termine en fin de semaine et jusqu’à la semaine dernière on ne déplorait aucun incident ou aucune mort de baleine. C’était pour nous un élément de fierté dans le sens qu’on pouvait dire que nous avons pêché une deuxième année sans incident et puis tout d’un coup ça s’est déclenché et on dirait que ça ne veut plus s’arrêter, a confié M. Lanteigne à Radio-Canada Acadie.

Éviter « l’hécatombe de 2017 »

La population de baleines noires de l’Atlantique Nord est estimée à 411 individus. C’est bien peu. Quatre morts, c’est beaucoup trop. Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour les écologistes, qui espèrent éviter l’hécatombe de 2017, année où 15 baleines sont mortes dans le golfe du Saint-Laurent, principalement en raison de l’activité humaine.

C’est inquiétant de voir deux autres morts. On en est à quatre maintenant. Pour une population qui fait un peu plus de 400 individus, on est à 1 % de perte cette année. C’est énorme!

 Lyne Morissette, écologiste spécialiste des mammifères marins

Les rencontres entre marins et baleines noires constituent une situation quand même assez nouvelle, selon Mme Morissette. L’heure est maintenant à l’analyse.

On fait face à une situation où on a des espèces qui étaient très peu présentes dans le golfe du Saint-Laurent. Avec les changements climatiques, ils viennent sur un territoire où on n’avait pas l’habitude de gérer ce genre de situation. Il y a trois ou quatre ans, on n’avait même pas de plan en place pour gérer ce genre de rencontre entre les baleines et les humains, que ce soit les navires ou les pêcheurs. La clé maintenant, c’est vraiment essayer de comprendre, a souligné l’écologiste.

En fait, autant les pêcheurs que les scientifiques tentent de trouver des solutions. Si les uns veulent éviter de fragiliser leur industrie, les autres tentent de protéger une espèce en danger critique d’extinction.

Que ce soit les pêcheurs, l’industrie maritime ou les scientifiques, présentement tout le monde travaille ensemble main dans la main à essayer de trouver des solutions pour limiter le nombre de [morts] chez les baleines. L’énergie qu’on peut utiliser à chercher des coupables ou [montrer] des gens du doigt, je crois qu’il faut l’utiliser pour trouver des solutions, conclut Lyne Morissette.

Avec les renseignements de Wildinette Paul

[Source] https://ici.radio-canada.ca/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre
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