Quand je plonge en moi, je sens une force, un bien-être, une énergie.
Quand je m’arrête de bavarder, il y a comme un réveil, une fraîcheur au goût de justesse.

Mais rien, dans cette expérience (une expérience d’éveil, disons) ne me contraint à croire à quoi que ce soit. Au contraire, j’y sens une immense liberté, une invitation à penser, à réfléchir, à interroger, à explorer, à faire dialoguer théories et expériences, à entrer en dialogue avec mes semblables.

Rien de religieux dans l’éveil. Dans le silence. Dans ce ressenti de force, de vie.
J’y apprend l’essentiel, mais je ne peux traduire et incarner cet essentiel qu’en faisant usage de mes facultés limitées, sans garantie de trouver, mais en construisant peu à peu, par tours et détours.

L’éveil est un réveil, prodigieux, merveilleux, infiniment simple et accessible.
Mais il ne me donne pas de détails. Rien de semblable aux croyances religieuses, aux opinions du New Age. L’éveil ne me dit pas si je dois manger sans gluten ou avec, ni à quoi ressemble précisément la vie après la mort, ni s’il y en a une. Il me donne une intuition, oui, un sens. Mais c’est un sens intuitif, indifférencié, tout à expliquer et compatible avec bien des philosophies différentes. Peut-être que l’éveil est compatible avec une philosophie naturaliste. Peut-être pas. Mais pour le savoir, je dois y réfléchir, patiemment, pas à pas.

L’éveil me rend indépendant. Je lis, j’écoute, je questionne. Je suis libre de choisir. De ne pas choisir. De rester en silence, à savourer, à digérer. Puis libre, aussi, de me plonger ensuite dans les idées, les musiques, les poèmes, les paroles, comme après un bon jeûne.

Dans ce silence, dans ce ressenti, je ressens une contrainte en un sens. Une exigence de vérité, de véracité. Une force, une présence. Mais rien qui, a priori, corresponde aux offres religieuses, New Age et développement personnel compris. Rien. C’est vierge. Fécond, mais vierge. Si, par le jeu des puissances de l’oubli, je me laisse tenter par telle ou telle religion, l’intuition se rappelle à moi, tôt ou tard. Silence. Ressenti. Intuition.

Et ce silence n’est pas opposé à la parole, du moins pas à la parole authentique, vraiment parlée. Il est juste incompatible avec les paroles toutes faites, avec les sécurités trompeuses, les prêts-à-croire.

Le silence absolu m’invite à penser. Le bavardage intérieur, en revanche, me jette dans la tentation de suivre tel ou tel système qui pense à ma place.

L’éveil me rend indépendant. L’éveil est individuel. L’éveil n’est pas contre la pensée. Au contraire. Il est contre la paresse intellectuelle, contre le conformisme, contre l’inertie, contre les fausses consolations.

Dans ce silence, tout devient audible. En toute indépendance. C’est physique, je dirais. Quand je m’éveille à ce vide, quand ce silence s’éveille, en quelque sorte, il y a un réveil de toutes les possibilités, un repos et une renaissance de toutes les puissances. Oui, je me sens reposé, frais et dispos. Pour la vaisselle. Pour la discussion. Pour la pensée. Pour discerner.

L’éveil n’est pas une religion. Il n’est pas non plus une philosophie déjà existante, achevée.
Il est un repos pour un mouvement, un silence où une parole infinie peut nidifier en paix.
Une absolue simplicité pour une inépuisable richesse.
En soi, rien. Un rien pour un tout-possible. Pas de philosophie dans l’éveil, mais un élan pour philosopher, un amour de la sagesse.

Il y a une intuition, une certitude absolue. Mais muette.
Une sécurité parfaite, mais entièrement disponible, comme au croisement de tous les chemins.

Source :https://shivaisme-cachemire.blogspot.com


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Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre
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