Un dispositif qui détecte l’endroit idéal pour l’injection d’un médicament a été créé par une équipe américaine de chercheurs de l’École de médecine de l’Université Harvard.

Les seringues et les aiguilles sont utilisées par les infirmières et les médecins depuis plus d’un siècle.

Toutefois, l’insertion précise de ces dispositifs dépend en grande partie de la technique et de l’habileté de la personne qui réalise l’injection. Et certaines zones de l’anatomie sont particulièrement difficiles à atteindre, comme l’espace à l’arrière de l’œil.

Cibler des tissus spécifiques à l’aide d’une aiguille traditionnelle peut être difficile et requiert souvent une personne hautement qualifiée.

 Girish D. Chitnis, École de médecine de l’Université Harvard

Une aiguille « intelligente »

Le chercheur Girish D. Chitnis et ses collègues ont mis au point un injecteur entièrement mécanique, très précis, qui permet d’introduire un médicament dans un tissu ciblé. Il est muni de capteurs sensibles qui détectent les changements de pression en fonction du type de tissus qu’ils pénètrent. Les différents types de tissus du corps présentent des densités différentes et, par conséquent, exercent une pression différente et une résistance différente aux objets pénétrants.

L’injecteur intelligent nommé i2T2 exploite ces différences pour permettre le mouvement de l’aiguille d’une manière spécifique au tissu.

Le dispositif est fabriqué à l’aide d’une aiguille hypodermique standard et d’autres pièces provenant de seringues. Son fonctionnement est très simple. Lorsque l’opérateur pousse le piston de la seringue, l’injecteur détecte la perte de résistance lorsqu’il rencontre un tissu plus mou ou une cavité, ce qui permet d’arrêter l’aiguille et d’administrer la charge médicamenteuse à l’endroit approprié.

« La conception de cet injecteur simple et efficace peut être adaptée à une grande variété d’applications cliniques », note Girish D. Chitnis.

En outre, ce dispositif n’est pas cher à produire.

Une aiguille dans l’œil

Le capteur a fait ses preuves dans un organe très fragile : l’œil. Les chercheurs ont montré la capacité de leur création à introduire un médicament dans l’une des zones les plus difficiles à traiter du corps, l’espace suprachoroïdal à l’arrière de l’œil.

La manœuvre traditionnelle pour administrer en toute sécurité un médicament à cet endroit nécessite le recours à une aiguille qui doit percer avec précision la sclérotique (d’une épaisseur inférieure à un millimètre) pour s’arrêter suffisamment tôt pour ne pas atteindre la rétine et l’endommager.

Elle pourra aussi être utilisée dans d’autres circonstances, notamment pour introduire un anesthésiant dans l’espace épidural autour de la moelle épinière pour soulager la douleur pendant les accouchements ou dans les injections encore plus fréquentes dans le tissu sous-cutané entre la peau et les muscles.

Pour le moment, l’i2T2 a été testé sur des tissus provenant de trois modèles animaux afin de déterminer sa précision. Les résultats sont clairs et montrent qu’elle permet d’éviter les blessures par dépassement. Mieux, elle permet d’injecter les médicaments avec précision à l’endroit désiré sans formation supplémentaire ni technique spécialisée.

La prochaine étape consiste à montrer l’innocuité de la technologie chez l’humain lors d’études précliniques.

Le détail de cette invention est décrit dans le magazine Nature Biomedical Engineering(Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Source : https://ici.radio-canada.ca/


Texte partagé par les Chroniques d'Arcturius - Au service de la Nouvelle Terre
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