Commentaire : « Nos 46 chromosomes représentent 2 mètres d’ADN ! Comment les faire tenir dans le noyau d’une cellule qui mesure 10 à 100 µm de diamètre ? La solution est le compactage : la molécule d’ADN s’enroule d’abord régulièrement autour de complexes formés par des protéines nommées histones. Les structures ainsi constituées, les nucléosomes s’enroulent ensuite sur elles-mêmes de manière plus ou moins « serrée », formant ainsi des fibres de chromatine plus ou moins denses. Lorsque la chromatine est très dense (hétérochromatine, compactage élevé de l’ADN), les gènes ne sont pas accessibles et donc pas exprimés. Les zones de la chromatine peu condensée (euchromatine) sont en revanche accessibles aux complexes enzymatiques qui permettent l’expression des gènes. Des modifications épigénétiques qui affectent les histones permettent à la chromatine de passer de l’un à l’autre de ces états. »

Source : Inserm

La science des conséquences épigénétiques des traumatismes est récente, ce qui signifie qu’elle suscite encore de vifs débats. Pour Yehuda, qui a fait œuvre de pionnier dans le domaine du syndrome de stress post-traumatique dans les années 1990, cette science s’accompagne d’un sentiment de déjà vu. Dias poursuit :

« L’état actuel de l’épigénétique est semblable à ce qu’il était lorsque nous avons commencé à faire de la recherche sur le trouble de stress post-traumatique. C’était un diagnostic controversé, car tout le monde ne pensait pas qu’un effet à long terme d’un traumatisme pouvait exister. »

Près de trente ans plus tard, le trouble de stress post-traumatique est une pathologie médicalement reconnue qui explique pourquoi la transmission d’un traumatisme peut s’étendre sur plusieurs décennies dans la vie d’une personne.

Mais s’il est démontré que le traumatisme se transmet de génération en génération chez l’homme de la même manière qu’il semble le faire chez la souris, nous ne devrions alors plus ressentir un sentiment d’inéluctabilité face à cet héritage, selon Dias.

À l’aide de ses expériences menées avec les fleurs de cerisier chez la souris, le scientifique a procédé à des tests permettant d’examiner a posteriori les implications d’une désensibilisation à l’odeur de fleur de cerisier chez les mâles conditionnés pour la craindre. Les souris ont alors été exposées à plusieurs reprises à la même odeur sans recevoir de choc électrique aux pieds :

« La souris n’a pas oublié, mais une nouvelle association est en train de se former maintenant que cette odeur n’est plus associée à la douleur du choc électrique. »

Lorsque le chercheur a observé leur sperme après le processus de désensibilisation, les souris mâles avaient perdu leur signature épigénétique « craintive » symptomatique. Les petits de ces souris ne présentaient pas non plus de sensibilité accrue à l’odeur de fleur de cerisier. Ainsi, si une souris « désapprend » l’association d’une odeur et d’une douleur, la génération suivante peut alors échapper aux effets subséquents.

Ces résultats suggèrent également que si les humains héritent de manière similaire d’un traumatisme, l’effet sur notre ADN pourrait être annulé par des techniques comme la thérapie comportementales et cognitive. Dias explique :

« Il existe une malléabilité dans le système. Le sort n’en est pas jeté. En tant que race humaine dans son ensemble nous pouvons pour la plupart remédier à cette transmission générationnelle, même si les traumatismes abondent dans notre environnement. »

Dans certains cas, du moins, explique M. Dias, la guérison des effets des traumatismes intergénérationnels au cours de notre vie peut y mettre un terme en faisant écho d’une génération à l’autre.

Source de l’article : BBC
Traduction : Sott.net